Une thérapie pour les inquiétudes contemporaines

Peut-on trouver dans les trésors de l’Orient des pistes pour répondre aux cris des hommes et femmes d’aujourd’hui qui cherchent la paix intérieure et un sens à leur vie?

L’inquiétude : une caractéristique de bien des personnes aujourd’hui. Pas étonnant alors qu’on se tourne vers des techniques comme le yoga ou vers des philosophies comme le bouddhisme. Mais comment le christianisme pourrait-il y répondre?

En 1995, le pape Jean-Paul II publiait une lettre apostolique intitulée Orientale Lumen. Se basant sur le décret sur l’œcuménisme de Paul VI, Unitatis redintegratio, qui affirmait : « Dans l’effort d’approfondissement de la vérité révélée, les méthodes et les moyens de connaître et d’exprimer les choses divines ont été différents en Orient et en Occident. Il n’est donc pas étonnant que certains aspects du mystère révélé aient été parfois mieux saisis et mieux exposés par l’un que par l’autre, si bien que ces diverses formules théologiques doivent souvent être considérées comme plus complémentaires qu’opposées » (17), Jean-Paul II ajoutait : « Nous croyons que la vénérable et antique tradition des Églises orientales constitue une partie intégrante du patrimoine de l’Église du Christ… » Et il en concluait : « Il est nécessaire que les fils de l’Église catholique de tradition latine puissent eux aussi connaître ce trésor dans sa plénitude… »

« Le cri des hommes d’aujourd’hui, qui cherchent un sens à leur vie, parvient à toutes les Églises. Nous y percevons l’appel de celui qui recherche le Père oublié et perdu (Lc 15, 18-20; Jn 14, 8). […] En nous laissant interpeller par les questions du monde, en les écoutant avec humilité et tendresse, pleinement solidaires de ceux qui les expriment, nous sommes appelés à montrer avec des paroles et avec des gestes d’aujourd’hui les immenses richesses que nos Églises conservent dans les trésors de leurs traditions. » Le Centre Emmaüs de spiritualité hésychaste répond à cet appel de Jean-Paul II en puisant dans les richesses des Églises d’Orient pour répondre aux attentes des chrétiens d’Occident. Il axe ses interventions sur trois grands trésors des Églises d’Orient : la prière du cœur, les icônes et la divine liturgie.

La prière du cœur

Pour prendre la route avec les personnes inquiètes d’aujourd’hui, pour les aider à passer de l’inquiétude à la quiétude (hésychasme), le yoga apparaît une voie privilégiée pour passer de la prière du corps à la prière du cœur. D’abord, s’apaiser, apprendre à entrer en soi, apprendre à y faire silence, à calmer les agressions de toutes ces informations et pensées venues des préoccupations extérieures. Il s’agit de retrouver, en apaisant son corps, cet espace intérieur, cette intimité qui fonde notre espérance. Ensuite, une fois le calme relativement rétabli, faire place à Celui qui habite en nos cœurs par la prière incessante au Nom de Jésus : « Seigneur Jésus, viens à mon aide! » (ou une autre formule incluant le Nom de Jésus). Ainsi, le calme devient habité par une présence, celle de Jésus. Enfin, dans le calme, on peut laisser le Christ parler en nos cœurs.

Le yoga, dans cette approche, est un outil précieux et efficace, mais il n’est pas le chemin de la libération. C’est Jésus qui est « Chemin, Vérité et Vie ». Mais il faut lui laisser la chance de nous parler, éviter que sa Parole soit enterrée par toutes ces préoccupations incessantes qui minent notre vie. Le yoga n’est qu’un instrument pour retrouver la quiétude nécessaire pour pouvoir se mettre à l’écoute de la Parole. La prière du cœur n’est qu’un moyen pour rappeler la présence de Jésus. La méditation, enfin, est cette disposition finalement acquise à l’écoute de la Parole.

Les icônes et la liturgie

Il suffit qu’un mot soit prononcé pour que les discussions s’engagent. Un mot prête toujours à interprétation, à controverse. L’icône, elle, est l’art de la Présence silencieuse du Ressuscité, elle est une théologie en couleurs, la Parole pour nos yeux. La contemplation des icônes, contrairement à l’argumentation théologique, laisse dans la quiétude. Elle est un témoignage silencieux de la présence de Dieu en Jésus et de la présence de Jésus parmi nous.

Alors que l’Occident met l’accent dans sa liturgie eucharistique sur le rappel de la Cène et de la passion du Christ, l’Orient met l’accent sur les noces de l’Agneau. Le Centre Emmaüs, puisant dans les richesses des deux traditions, s’efforce d’offrir des liturgies qui nous font découvrir l’avenir de bonheur qui nous attend en assurant dans les célébrations beauté, harmonie, paix, joie et communion en faisant participer le corps et les sens.

En puisant dans les trésors des Églises d’Orient, la personne inquiète d’aujourd’hui découvre la présence rassurante de Celui qui est notre vie. Cette découverte ne peut se faire d’un seul trait. C’est pourquoi le passage par la méditation avec le yoga, par la prière du cœur, par la contemplation des icônes et enfin par la célébration eucharistique avec des emprunts aux liturgies orientales sont des étapes offertes aux personnes en recherche de paix. C’est une part importante de ce que le Centre Emmaüs de spiritualité hésychaste offre au monde d’aujourd’hui.

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