Un Noël dans le rouge… ou dans le vert?

Père Noël ou « nerf Powell1 »? De l’obèse écarlate à Baden Powell, tout un passage! Et du consommateur qui voit rouge aux valeurs vertes du scoutisme, toute une révolution : celle d’un Noël plus respectueux de la Création.

Détrompez-vous, je ne parlerai pas ici de scoutisme. Je veux cependant aborder un sujet qui me tient à cœur. Ces dernières années, comme je ne suis pas très fortuné, je suis sensible aux nombreuses dépenses qu’entraînent les fêtes. Noël n’occasionne-t-il pas aussi, par conséquent, une recrudescence des dettes? Loin de moi l’idée de tout balayer. J’aime trop Noël, donner et recevoir des cadeaux. Mon côté enfant en souffrirait trop! Mais je me suis souvent demandé comment alléger le fardeau : celui du portefeuille, et celui de la planète! Avec la hausse des dépenses s’ensuit celle de la consommation, de la production de déchets, de la pollution. Il n’y a qu’à voir les montagnes qui s’amoncellent dans les allées des magasins. Une véritable orgie de jouets, de décorations made in China, d’objets de tout acabit qui sont là pour tenter nos portefeuilles. Et dites-moi où ira tout cela après usage?

Dans ma famille, nous fêtons Noël assez simplement. Au fil des ans, nous avons réduit le dépouillement du sapin à un petit échange où chacun donne à une seule personne. Tout de même, nous sommes encore bien ancrés dans la fête de la consommation et du suremballage! Une bonne amie à moi avait proposé quelque chose d’original à sa famille, il y a deux ans, qui m’avait beaucoup rejoint. Je lui ai alors téléphoné pour qu’elle me fasse part avec plus amples détails de son expérience : « Ma famille est assez exubérante, a-t-elle dit tout de go. À Noël, on emballe les cadeaux avec flaflas. Il y a deux ans, la question s’est posée : que fait-on cette année? J’ai amené l’idée d’offrir un cadeau écologique, acheté localement. Il fallait absolument que ce soit un produit du Québec, acheté le plus proche d’où on restait. Et trouver une façon originale de l’emballer pour qu’il n’y ait aucune perte. Si on ne voulait pas l’emballer dans une taie d’oreiller qu’on rapporte chez soi, par exemple, il fallait que l’emballage soit réutilisable pour une autre année, et qu’on s’engage en ce sens! Avant, on déballait en déchirant tout en une seconde. On sortait alors de gros sacs verts pour y mettre les papiers d’emballage, et on jetait ça! »

« Vraiment, ça a marché, assure mon amie. Tous les cadeaux étaient du Québec. En plus, on a découverts des produits alimentaires, des artisans locaux qu’on ne connaissait pas! Du papier d’emballage, il n’y en avait carrément pas : plutôt des paniers d’osier faisant partie du cadeau, un ruban en tissu qu’on peut récupérer. Celle qui m’avait pigée savait que j’avais une chambre un peu asiatique. Elle a trouvé un bout de tissu, et m’a fait un beau petit coussin qui allait avec ma déco. Ça ne lui a rien coûté. Et elle a pu le faire juste pour moi. Je me suis sentie gâtée. On était tous fiers, et contents. C’était une grosse prise de conscience. Et l’année passée, on ne pouvait pas vraiment reculer. Les jeunes nous ont poussés dans ce sens-là aussi. »

Il ne m’en fallait pas plus pour lancer le défi à ma famille. Comme je prenais en charge l’organisation de la fête cette année, je vous livre ici ce que j’ai proposé : « Pour éviter que Noël ne nous coûte les yeux de la tête et surtout pour prendre un virage plus respectueux de la Création et moins producteur de déchets, pourquoi ne pas vivre un Noël plus écolo? Je propose une gradation des actions possibles. Allez-y selon votre inspiration…

1. Action simple : utilisez un emballage vert, confectionné à partir de papiers recyclés, de journaux ou de tout autre matériau réutilisable.

2. Action plus engagée : pour les cadeaux, privilégiez l’achat de produits locaux provenant du Québec. Dans vos propres suggestions, pourquoi ne pas favoriser des produits d’ici?

3. Action pour ceux et celles qui sont d’attaque : si vous avez du temps, pourquoi ne pas fabriquer votre cadeau? Par exemple, vous vous procurez le cadeau de plus grande valeur chez un artisan, et vous fabriquez le cadeau complémentaire en faisant appel à vos talents.

4. Action carrément osée : vous faites tout vous-même! Même le papier… Eh oui! »

Les réactions de ma famille ont été bonnes. Le défi semble avoir soulevé l’enthousiasme. Nous essaierons de renouer avec la naturelle simplicité de la crèche. Reste à voir ce qui arrivera le 24 au soir. Et cette année, ce sera ça la surprise!

1. Il s’agit peut-être d’une contrepèterie d’un goût douteux, mais tout de même assez efficace, vous admettrez!

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