Un credo de l’Avent

Prophète du XXe siècle, archevêque de Recife au Brésil, Dom Helder Camara (1909-1999) a écrit cette profession de foi comme on lance un cri d’espérance. Un cri que nous avons besoin d’entendre de nouveau en ces jours ardus.

Je crois en Dieu qui est le Père de tous les hommes et qui leur a confié la terre.

Je crois en Jésus Christ qui est venu pour nous encourager
et pour nous guérir, pour nous délivrer des puissances
et pour annoncer la paix de Dieu avec l’humanité. Il s’est livré pour le monde.
Il est au milieu de nous le Seigneur vivant.

Je crois en l’Esprit de Dieu, qui travaille en tout homme de bonne volonté.
Je crois en l’Église, donnée comme signe pour toutes les nations,
armée de la force de l’Esprit et envoyée pour servir les hommes.

Je crois que Dieu, à la fin, brisera la puissance du péché en nous et en tout être humain.
Je crois que l’homme vivra de la vie de Dieu pour toujours.
Je ne crois pas au droit du plus fort, au langage des armes, à la puissance des puissants.
Je ne veux croire qu’aux droits de l’Homme,
à la main ouverte, à la puissance des non-violents.
Je ne crois pas à la race, à la richesse, aux privilèges ou à l’ordre établi.

Je veux croire que tous les hommes sont des hommes
et que l’ordre de la force et de l’injustice est un désordre.
Je ne croirai pas que je n’ai pas à m’occuper de ce qui arrive loin d’ici.
Je veux croire que le monde entier est ma maison
et que tous moissonnent ce que tous ont semé.
Je ne croirai pas que je puisse là-bas combattre l’oppression si je tolère ici l’injustice.
Je veux croire que le droit est un, ici et là,
et que je ne suis pas libre tant qu’un seul homme est esclave.
Je ne croirai pas que la guerre et la faim soient inévitables et la paix inaccessible.

Je veux croire à l’action modeste et à l’amour aux mains nues.
Je ne croirai pas que toute peine est vaine.
Je ne croirai pas que le rêve de l’homme restera un rêve et que la mort sera la fin.

Mais j’ose croire, toujours et malgré tout, à l’homme nouveau.
J’ose croire au rêve de Dieu lui-même :
un ciel nouveau, une terre nouvelle où la justice habitera.

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