Qu’est-ce que la résurrection?

Notre monde a-t-il un avenir? N’avons-nous pas plutôt l’impression que nous allons vers la catastrophe? Aujourd’hui, avec nos moyens de communication, nous avons une vue d’ensemble instantanée de ce qui se passe sur la planète. Et ce n’est vraiment pas rassurant. Quel monde sommes-nous en train de construire collectivement? Ne sommes-nous pas à semer la mort plutôt que la vie, à saccager notre « paradis terrestre » plutôt qu’à le protéger? Avons-nous abdiqué devant les puissances qui dominent ce monde, devant les forces destructrices des empires? Devant autant de défis et en cette veille de Pâques, quel souffle la résurrection peut-elle nous donner? Quelle espérance peut-elle raviver? À quels engagements nous appelle-t-elle? C’est à ces questions, car l’avenir du monde est en jeu, qu’André Myre a tenté de répondre dans son dernier livre, en entrant par la porte de la résurrection.

Avenir du mondeLa résurrection, intouchable?

Dès le départ, une première objection se présente devant cette démarche. Peut-on se permettre de revisiter cette pierre de base de la foi chrétienne, de la retourner, de la presser, de la sonder à partir de notre temps? Les réponses ne sont-elles pas déjà toutes trouvées et exprimées une fois pour toute dans le Catéchisme de l’Église catholique version 1992? Mais n’est-ce pas cela une foi vivante? Une foi qui questionne, qui creuse? Or la vie et l’histoire sont toujours en mouvement, et l’auteur pense qu’il faut réinterpréter, traduire sans cesse la Parole et la tradition à partir de notre place dans l’histoire : « Il est strictement impossible de comprendre la Parole qu’exprime la Bible si on n’a pas entendu l’équivalent contemporain dans sa vie1. »

Le concile Vatican II a constitué un effort gigantesque pour revisiter, inculturer, mettre à jour (aggiornamento) les expressions de la foi, voire même le sens de la mission, et pour relancer le dialogue avec le monde contemporain. La foi chrétienne a su adapter son message aux diverses époques et cultures où elle a été semée. En retour, ces cultures en ont manifesté la richesse et la profondeur. C’est dans cet esprit qu’André Myre, bibliste et professeur retraité après 30 ans à la faculté de théologie de l’Université de Montréal et animateur de communautés de base, a entrepris de revisiter la résurrection. Première bousculade pour nos formulations définitives si nous osons le suivre dans sa démarche.

Une vision de l’univers

Qu’est-ce que la résurrection? Comme le rappelle l’auteur, le terme résurrection lui-même vient de deux verbes grecs qui signifient « se réveiller », « se lever ». Ils désignent autant l’activité quotidienne que le retour à la vie de Jésus. Le mot français résurrection vient de la traduction latine de Jérôme, la Vulgate : « resurgere » ou « resurrectio », en référence à l’acte de Dieu de ramener Jésus à la vie, de le relever. Mais l’objectif de l’auteur « est moins de faire l’historique du concept que de voir comment il est aujourd’hui légitime de prolonger les énoncés bibliques à l’intérieur de nos propres codes culturels2. » Inculturer.

« L’important est que continue à se manifester la résistance sociale, culturelle, religieuse, politique, qui est la manifestation première de la foi fondamentale en la résurrection. » André MYRE, Pour l’avenir du monde, Montréal, Fides, 2007, p. 164.

L’émergence de cette perspective de résurrection s’est réalisée dans un monde bien différent du nôtre. En effet, « les Anciens avaient le sens de l’unité. Ils voyaient l’univers comme un tout. Il y avait Dieu en haut, au ciel, juste au-dessus des nuages; les humains, en dessous, sur la plaque terrestre; et les morts dans la caverne du bas, dans le sous-sol. Cet univers, avec Dieu dedans, c’était toute la réalité3. » Bien que toujours présente dans nos formulations de foi et notre imaginaire religieux, cette conception est à des années-lumière de ce que la science de l’astrophysique nous trace aujourd’hui comme portrait du cosmos. Des milliards de galaxies dans un univers en expansion qui va peut-être finir par se replier sur lui-même et recommencer son manège. Sans parler des particules au comportement étrange qui composent les « blocs » de base de la matière. C’est un peu plus compliqué de « localiser » Dieu et d’en parler dans cette nouvelle compréhension de l’univers.

Quant à l’être humain, il était perçu comme « un tout unifié ». « C’est un morceau d’argile, rendu vivant par le souffle de Dieu, qui meurt quand ce dernier reprend son souffle. Il meurt tout entier, sauf un petit quelque chose telle une ombre inerte qui s’en va languir à jamais dans la caverne du bas, sans aucune possibilité de communication4. » Donc, pour la conception hébraïque, pas d’âme immortelle qui, par elle-même, peut survivre au corps mortel, comme le veut la conception grecque de l’être humain. Il faut le souffle divin pour le relever de la mort. L’espérance de la résurrection, qui s’est développée au IIe siècle avant notre ère, nous fait entrevoir que « les ombres d’en dessous seront réveillées, remises debout, remontées à la surface5 » par le seul pouvoir du souffle divin. Notre conception actuelle de l’être humain fait entrer en jeu l’océan profond de l’inconscient, individuel, familial et collectif. Et les progrès de la science médicale ont permis de ramener des personnes cliniquement mortes de l’entrée de l’au-delà où elles ont expérimenté une grande lumière, une grande paix, un grand amour… Merveille insondable, l’être humain! À réalité nouvelle regard neuf, langage neuf!

Résurrection! Un « slogan révolutionnaire »

Nous sommes habitués à envisager la résurrection d’un point de vue individuel, à partir de la question angoissante : « Qu’est-ce qui va m’arriver à moi après ma mort? » Résurrection, réincarnation, anéantissement? L’auteur nous entraîne dans une tout autre perspective, communautaire et cosmique, en allant retrouver le contexte de l’affirmation de cette espérance à partir du combat d’une famille de résistants, les Maccabées, qui s’opposait à l’imposition brutale de la politique d’hellénisation d’Antiochus IV Épiphane [175 à 164 av. J.-C.] (Daniel 12 et le Second livre des Maccabées 7;12;14). Myre affirme : « La thèse qui traverse ce chapitre est que le mot “résurrection” est un slogan et qu’il est devenu le slogan chrétien par excellence. Pour l’expliquer, il faut donc supposer l’existence d’un peuple ou d’un groupe dans une situation de confrontation sérieuse. Il faut aussi voir comment il réussit à dire ce qui en unit les membres par le fond6. »

« Je suis une feuille à côté de l’arbre. Après la loi, je serai dans l’arbre. » Parole mentionnée par Lucien Paulhus, bénévole, de Québec, lors de la campagne pour une Loi (122) assurant un Québec sans pauvreté.

On peut critiquer le choix du terme slogan dans notre contexte de propagande politique et économique, mais le contenu que l’auteur y met, comme « slogan révolutionnaire », comporte une dynamique de combat, de vague de fond, de victoire sur les forces d’oppression et de mort. « Un slogan dit surtout celles et ceux qui le scandent. Il dit l’espérance, il transporte l’histoire des luttes menées, il rappelle les camarades aux côtés desquels il a été proclamé, y compris les disparus, il résume une vision du monde, il renvoie à cet indicible au fond de soi qu’on partage avec les autres, il proclame haut et fort qu’un monde différent est possible, qu’un autre monde est tout proche. Un slogan naît et dure dans une situation de crise, de confrontation, de luttes sévères7. » Alors pensons plutôt aux slogans des luttes syndicales, sociales, environnementales, comme celui de la Marche mondiale des femmes – Du pain et des roses, des emplois et la justice! –; celui d’une campagne de la Jeunesse ouvrière chrétienne (J.O.C.) – Une vraie job, c’t’un droit! –; celui de la lutte du Collectif pour un Québec sans pauvreté – Éliminer la pauvreté, c’est possible et nous le voulons! –; ou encore le I have a dream! de Martin Luther King (voir la chronique Ressources de ce numéro). Sous le slogan, il y a une nouvelle réalité irrésistible qui émerge, une libération collective, une métamorphose en marche dans notre histoire et au bout de l’histoire. Il y a sûrement Quelqu’un qui agit à sa source.

« Cette espérance [un avenir, une terre de justice] a été véhiculée par d’autres groupes, y compris Jésus et les siens, ainsi que par les chrétiens qui ont pris la relève, toujours dans un contexte d’opposition aux diktats de l’empire du temps et de ses alliés. À l’origine, donc, dire résurrection, c’est proclamer un slogan mobilisateur, c’est dire tout haut sa résistance aux forces d’oppression du temps et, par le fait même, en appeler au jugement de Dieu qui saura bien départager les humains. Ne peuvent donc dire résurrection que ceux et celles qui paient le prix de leur opposition aux systèmes en place et dont la souffrance est un appel à un retournement de la situation8. »

Au-delà de l’utilisation du terme slogan, l’audace de l’auteur de mettre en évidence cette perspective de lutte collective contenue dans la résurrection m’apparaît comme la deuxième bousculade, celle qui concerne notre compréhension pantouflarde et intéressée de la résurrection et qui vient provoquer d’autres résistances. Notre penchant ne va-t-il pas plutôt vers le fait de mener une petite vie tranquille, confortable, rassurés que nous sommes par l’accomplissement de nos « devoirs religieux » pour « sauver notre âme »? Pour lui, nous sommes solidaires, donc responsables de l’humanité en marche et même de tout le cosmos : « La résurrection était pensée par des Anciens pour qui le sort de l’humanité était indissociablement lié à celui de la nature et du cosmos. Si cela est encore vrai, il nous faut repenser des pans importants de notre conception de la résurrection9. » Les histoires de résistance dans la Bible, surtout celle de Jésus, éclairent le bout d’histoire où nous vivons et devraient nous éperonner à résister à tout ce qui enferme, aliène et écrase l’être humain et la nature. Oser vivre dans la liberté des fils et des filles de Dieu, il n’y a rien de plus menaçant pour tous les systèmes, tous les pouvoirs.

La grande lignée des résistants à l’espérance têtue

Cela interpelle notre vision de l’« être chrétien » et du style de vie qui s’ensuit. Être chrétien, c’est un peu plus exigeant qu’être gentil et souriant. C’est s’engager à vivre à contre-courant de la culture ambiante, de vivre en résistant, en « créature nouvelle » (Paul). Et ce qui est encourageant, c’est de découvrir que cet esprit de résistance, de libération de tous les jougs (Isaïe 58), a atteint un grand nombre d’hommes et de femmes de notre monde, au-delà des catégories religieuses et des époques. Nous sommes inscrits dans une lignée historique, un même Esprit et nous savons nous reconnaître. « Je pense qu’il nous faut retrouver cet aspect mobilisateur de l’espérance en la résurrection. C’est vrai qu’il est soulevant, tout comme il est très motivant, de s’inscrire délibérément dans une lignée de gens qui, depuis plus de 2000 ans, ne cessent, génération après génération, d’espérer. Mais ceci est à faire dans un autre contexte que celui de jadis10. »

André Myre se situe de plain-pied avec cette lignée, au ras du sol, solidaire des exclus des systèmes. « Dans ma vie, j’ai été solidaire d’une multitude de frères et de sœurs qui m’ont ouvert les yeux de l’esprit et du cœur. Ils m’ont appris la foi. Ils m’ont fait apprivoisé la réalité des pauvres. Ils m’ont fait vivre la confiance dans la réalité de ma culture. Ils m’ont fait voir la liberté de Jésus. Avec eux tous, j’ai avancé dans la vie, en découvrant que beaucoup d’autres se retranchaient dans l’institution plutôt que de répondre aux appels de la foi, tels que je les comprenais. Je n’ai rien quitté, la vie m’a conduit dans l’insondable ailleurs de la foi. J’ai suivi l’Église sur des chemins ignorés d’une autre Église. Qui a des oreilles pour entendre entende11. »

Qu’est-ce qui reste à faire? « Tout. Absolument tout, conclut-il. Se confronter au dynamisme originel, les deux pieds dans sa culture, et tout redire autrement, tout refaire autrement. Faut-il un mot pour dire Dieu? Comment parler de Jésus aujourd’hui? Faut-il être communauté ou réseau? Comment suivre Jésus en vivant au cœur de l’empire? Comment vivre la fraternité de fond avec les jeunes qui ne veulent rien savoir de la “religion”? Il nous faudrait vivre aujourd’hui comme si c’était le jour de la Pentecôte et que tout était à inventer. Vivre constamment en état de discernement. C’est emballant12. »

Que le Ressuscité ravive en nous le sens de la vie, de la liberté, de la fête et de la solidarité!

La fête de Pâques approche. Que le Ressuscité nous relève, qu’il nous illumine pour vivre pleinement libres et solidaires des exclus. Qu’il nous fasse entrer en résistance, avec courage et espérance, devant les empires de mort et leurs œuvres de ténèbres. Debout avec lui!

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