Politiser la spiritualité, spiritualiser le politique

« N’ayons pas peur d’admirer tout ce qu’il y a de beau dans les convictions de l’étranger. » Des membres du CAPMO déposent à la Commission Bouchard-Taylor un mémoire empreint de confiance, engagé politiquement et spirituellement.

Le Carrefour de pastorale en monde ouvrier (CAPMO) croit en la Commission Bouchard-Taylor. Cette façon de faire de la politique par la prise de parole citoyenne sur les grands enjeux de notre société, le CAPMO espérerait même la voir devenir un élément de notre culture. En effet, l’organisme de Québec aspire à un nouvel idéal démocratique où le Bien commun s’atteint quand les citoyens combattent la « médiocrité confortable et soporifique » (p. 13) qui menace notre identité.

On apprend cela dans le mémoire que le CAPMO a déposé à la Commission Bouchard-Taylor. En fait, le mémoire n’a pu être rédigé par l’ensemble des membres de l’organisme, le temps manquant pour les consulter tous, aussi, il ne représente pas la position officielle du Carrefour. Cependant, les cinq signataires de la réflexion soumise à MM. Bouchard et Taylor ont formulé leurs observations à partir de leur implication au CAPMO, un organisme catholique – donc universel, ouvert à toutes les spiritualités, même athée – rassemblant des ouvriers qui pensent le Québec.

La grande originalité des idées des auteurs tient dans le fait qu’ils désirent qu’une place soit accordée à la spiritualité dans une culture du dialogue profond qu’il reste à instaurer au Québec, et qui est évoquée dans le titre du mémoire : L’avenir culturel du Québec et son fondement : le dynamisme des spiritualités. Pareille dynamique contrerait tant l’intégrisme que l’hédonisme qui sont à la source de la crise des valeurs qui secoue notre société, crise à laquelle il ne faut apporter ni la réponse du laisser-aller ni celle de la nostalgie du passé. Le CAPMO propose des moyens pour mobiliser les nouveaux immigrants et les citoyens : transmettre explicitement notre patrimoine, défaire les mythes négatifs de notre histoire, laisser s’épanouir nos valeurs au contact de celles des immigrants.

Ces propos ont été qualifiés d’inspirants par Charles Taylor. Jean-Paul Asselin, qui a présenté le mémoire, critique vivement le travail non objectif des médias qui n’ont même pas mentionné le mémoire du CAPMO. Les journalistes ont préféré se concentrer sur ceux de Mgr Ouellet, de Max Gros-Louis et de Guy Bertrand. M. Asselin garde espoir malgré des difficultés comme celles-là et poursuit son action pour une société meilleure. Il conclut avec ce proverbe : « Tous les pépins ne deviennent pas des pommiers, mais tous les pommiers ont été des pépins. » Semons!

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