Nos voeux pour un Noël de vie

Des liens se tissent spontanément entre l’histoire de Marie et de Joseph et les tentes fragiles des indignés. Seul le contexte social a changé...

Un soir d’hiver, un jeune couple apparemment pauvre et non marié, dont la femme est sur le point d’accoucher, se présente dans une auberge de village. Notre aubergiste averti toise rapidement les nouveaux venus et pense aux réactions de sa clientèle habituelle. « Il n’y a plus de place », fut sa réponse. Sûrement « indignés », le jeune Joseph et sa bien-aimée Marie durent trouver refuge ailleurs, et le temps presse, car le travail d’enfantement est commencé. Vite un coin discret, une grotte, une étable, une tente. Ils seront accueillis et aidés par d’humbles bergers. Et le roi Hérode, sentant son pouvoir menacé, ira jusqu’à assassiner des enfants.

En attente sous la tente des indignés par une nuit de novembre à la place du Peuple de Montréal. En attente joyeuse de lumière, d’avenir, de justice, de vraie liberté, d’espoir. En attente de quelque chose ou de quelqu’un avec qui poursuivre la route en toute solidarité…

Les liens se tissent spontanément entre cette histoire et les tentes fragiles des indignés. Seul le contexte social a changé. Quelle place les jeunes, les couples, les familles, les mères célibataires ont-ils dans nos sociétés où on ne peut vivre sans cartes de guichet ou de crédit? Les « crèches traditionnelles aseptisées » de nos églises sont-elles capables de nous déplacer vers l’aujourd’hui de Dieu, vers la rue et ses itinérants, vers les familles habitant des taudis, vers les travailleurs licenciés, vers les immigrants méprisés, vers les indignés encombrants, vers les exclus et les blessés de nos familles, vers… Vers tous ceux et celles qui n’ont pas de place à l’Auberge commune.

En lien avec cette histoire du « pas de place à l’auberge pour vous! », nous avons cru bon partager avec vous une photo lumineuse de sens, ces jeunes en attente sous la tente à la place du Peuple, par une nuit froide de novembre. Une femme tient la lumière. Une métaphore des attentes de l’Humanité depuis toujours. Dans la nuit du monde, dans la nuit de Noël, une lumière a surgi dans la fragilité, la précarité et la beauté d’un enfant. Grâce au oui d’une femme et de son fiancé. Grâce à leur confiance et à leur engagement. Comme ces nomades indignés d’aujourd’hui qui ont perdu leur tente, mais qui poursuivent leur marche ailleurs autrement, dans la joie et l’espérance. Que ce Noël du temps des indignés nous déplace joyeusement sur des sentiers de vie, d’accueil, de partage et de justice!

Photo : Jaimie Klinger

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