Les « voyageurs de la rue » nous parlent

Que peut-il sortir de bon des personnes en itinérance? Bien plus qu’il n’y paraît lorsqu’on prend le temps d’écouter et de favoriser leur expression comme le fait L’Itinéraire depuis 15 ans.

Les opinions des politiciens, des gens riches et célèbres et des journalistes renommés prennent une grande place dans la formation de nos opinions et de nos visions sociales. Ne manque-t-il pas le point de vue des gens de la marge, des humbles travailleurs aux itinérants? Que peut-il sortir de bon de Nazareth a-t-on dit un jour?

Or « les itinérants représentent un groupe demeuré jusqu’à présent sans voix pour exprimer sa vision particulière de notre société. Les sans-abris représentent une conscience à ciel ouvert; ils constatent sur le terrain les métamorphoses de notre ville. Ils nous voient de la rue, de l’extérieur et non de l’intérieur; leurs écrits relèvent de la marge et non du centre de la page1 ». Cela me fait penser à la rubrique Perspectives de Sentiersdefoi.info et à la prise de parole des itinérants de l’Église.

« Les itinérants (du latin itinerari, « voyager ») demeurent les derniers « voyageurs » de l’Occident. Ils illustrent que notre société, telle qu’elle est, peut être carrément invivable pour des individus qui en ont déjà fait partie et qui finissent par se retrouver dans la rue. Sans domicile fixe, leur vie est un voyage perpétuel d’où ils ramènent une connaissance de nous-mêmes que nous avons perdue. Leur discours éveillera peut-être en nous le fantôme du nomade décédé il y a des millénaires2. » L’Itinéraire a créé cette année 40 places d’insertion en emploi et occupe 350 camelots dont 120 réguliers en plus de donner des services de formation et d’accompagnement. Y a-t-il un journal de rue par chez vous? Tendez l’oreille!

1. Premier édito de Serge Lareault (1994), Édition spéciale 15e anniversaire, 1er septembre 2009, p. 23.

2. Serge Lareault, 1er no, mai-juin 1994. Directeur actuel de L’Itinéraire.

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