Le vent souffle où il veut

« Le vent fait chanter les blés mûrs. Le vent pousse le navire quand ses voiles sont gonflées. » Un texte inspirant sur l’Esprit, écrit par Laurette Lepage, une femme engagée qui nous a malheureusement quittés cet été.

Ton vent, nul ne sait d´où il vient
S´il n´écoute ta voix.
Ton vent, nul n´en sait le chemin
S´il ne marche à tes pas.
− Raoul Mutin

Le vent fait s’envoler les feuilles d’automne. Le vent fait chanter les blés mûrs. Le vent pousse le navire quand ses voiles sont gonflées. Le vent, on ne peut mettre la main dessus. C’est bien un souffle dont « nul ne peut savoir ni d’où il vient, ni où il va » (Jn 3, 8).

Il en est ainsi de l’Esprit. Pour parler de sa présence, de son action, il faut des mots imagés comme : vent, souffle, rosée, respiration, haleine. Il faut des mots qui évoquent la vie, le mouvement comme : avenir, amour, mission, élan. L’Esprit est spontanéité, liberté, nouveauté. Il ne peut être enfermé, localisé. Il est à l’intérieur, il anime, il pousse en avant.

L’Esprit n’est pas enfermé dans nos définitions. On ne peut que l’attendre et l’accueillir. Il n’est pas enfermé non plus dans les expériences, les paroles et les images transmises de génération en génération. Il est un espace et une voie pour de nouvelles expériences, il est créateur de formes nouvelles, de vie nouvelle.

Au jour de Pentecôte, l’Esprit emplit de son souffle brûlant le cœur des apôtres et les voilà, les timorés d’hier, sur la place publique! Sans traduction simultanée, ils savent parler une langue que tout le monde comprend : la langue de l’amour.

Aujourd’hui, le vent de l’Esprit se serait-il calmé? Aurait-il déserté son Église? Où est sa chaleur, où est son souffle devant la pratique religieuse en chute libre? Devant les jeunes qui s’éclatent en d’autres temples? Devant les chrétiens frileux qui se crispent sur le passé et rêvent d’une Église qui resserre les boulons?

Pourtant, ce n’est pas le souffle de l’Esprit qui manque aujourd’hui. C’est peut-être nous qui oublions de hisser nos voiles à son grand vent du large, ou qui ne savons pas ouvrir les yeux sur les braises qui s’éveillent sous la cendre?

Comme au vent de Pentecôte, laissons-nous surprendre par l’Esprit qui ne cesse de créer et de recréer. N’est-ce pas lui qui brise en nous les verrous de la peur, qui élargit nos horizons et nous ouvre davantage à l’audace et à l’imagination? Laissons-nous surprendre par l’Esprit et nous pourrons alors, comme nos premiers frères dans la foi, donner à la Parole sa résonance de Bonne Nouvelle, joyeuse, désirable, contagieuse!

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