Le vent de Vatican II souffle-t-il encore aujourd’hui?

Des chrétiens et des chrétiennes se rappellent le contexte social du concile Vatican II et cherchent à retrouver son souffle.

Au début des années 1960, c’est la Révolution tranquille au Québec. Des institutions civiles prennent la relève de l’Église en éducation, en santé et services sociaux. Un État moderne se met en place. Suit l’ouverture sur le monde avec l’exposition universelle de 1967 – Terre des Hommes. En 1968, les évêques du Québec créent la Commission Dumont sur le rôle des laïcs dans l’Église. Mai 1968 en France… vagues de contestation de l’autorité et des institutions. Mais l’Église a déjà commencé sa mise à jour et semble passer de la monarchie à la gestion en collégialité, du cléricalisme à la pleine participation des laïcs à la mission, de la pensée unique au pluralisme. L’Église s’ouvrait au dialogue. Tout devenait possible dans ce monde. Voilà quelques éléments du contexte de l’après-Concile présentés par Grégory Baum au colloque organisé par Culture et foi ‒ « Vatican II peut-il renouveler l’Église? » ‒ ce 22 novembre 2008, et qui a regroupé 125 participants.

Alors, malgré certains progrès, pourquoi le concile Vatican II n’a-t-il pas porter plus de fruits? Pourquoi la collégialité vécue pendant le Concile ne s’est-elle pas poursuivie entre les évêques? Pourquoi tant d’insistance et de rigidité sur les questions de morale sexuelle? Pourquoi ce recul sur le dialogue interreligieux et avec le monde? Pourquoi la fermeture à propos de l’accès au sacerdoce des femmes et des gens mariés? Pourquoi la sourde oreille aux appels du peuple de Dieu? Serait-ce une réaction de peur et de défense devant un monde plus autonome qui s’est trouvé d’autres repères que ceux du passé? Ou qui les nomme et les vit autrement? Nostalgie de la puissance passée? Manque de confiance en l’Esprit qui souffle où il veut?

Des interventions de l’assemblée se dégageaient des sentiments de déception, de frustration devant les lenteurs et les fermetures de l’institution, devant la perception d’un retour en arrière, à l’époque du triomphalisme et de l’autoritarisme préconciliaires. Pourtant, selon les études minutieuses sur le terrain faites par le théologien Gilles Routhier, les évêques canadiens, québécois en particulier, ont vu à ce que les réflexions et les déclarations conciliaires rejoignent tous les catholiques d’ici. Dès 1962 et les années suivantes, de nombreuses rencontres ont eu lieu sur tous les sujets abordés au Concile, dans tous les diocèses, rejoignant des dizaines de milliers de catholiques. La réception fut enthousiaste et les espoirs très grands…

Pour en savoir davantage sur le contexte social et religieux de l’époque, on peut aussi se référer à la rubrique très éclairante de « Mai 68 » dans Wikipedia (voir sous le titre Origines culturelles).

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