Le souffle de vie est en marche

En ce jeudi saint, des citoyens ont pris la rue contre le budget Bachand.

Le premier avril, des milliers de personnes des milieux syndicaux, communautaires et étudiants sont descendus dans la rue pour s’opposer aux tarifications et aux privatisations des services publics. Malgré les nouvelles décourageantes du dernier budget québécois qui favorise les grandes entreprises et les mieux nantis, la bonne humeur était au rendez-vous, mais aussi la colère et l’indignation. Pourquoi parler d’une telle manifestation dans une publication vouée à faire connaître des sentiers de foi? Pour moi, la réponse est aussi évidente que la nécessité de respirer pour vivre.

La maximisation des profits, la croissance économique infinie et la marchandisation du monde sont des rouleaux compresseurs qui écrasent la vie. Au nom du dieu marché, on impose des fardeaux insupportables sur le dos des personnes, particulièrement les plus appauvries, on exclut des millions d’êtres humains, on exploite des milliers de travailleurs et travailleuses. La nature n’est pas en reste. Elle est spoliée, surexploitée, défigurée par la soif insatiable de l’enrichissement à tout prix. Par exemple, saviez-vous qu’en 2009, en pleine crise économique, les six plus grandes banques canadiennes ont fait plus de 18 milliards de profits? Un record! C’est scandaleux et indécent. Le capitalisme est un système de domination qui étouffe la vie.

Assez, c’est assez. Tel était le sens du geste de Jésus lorsqu’il renversa les tables des changeurs au temple. Tel était aussi le sens de la manifestation du premier avril qui, tel un chemin de croix, s’est arrêtée devant les temples du milieu des affaires à Montréal pour dénoncer le rouleau compresseur capitaliste. Il y avait là un dynamisme puissant, un mouvement créateur, un souffle de vie en marche. Jésus s’est opposé aux forces dominatrices qui écrasaient la vie en son temps. Des milliers de personnes en ont fait autant dans les rues de Montréal. Elles ont marché la tête haute avec dignité pour faire valoir le droit à la vie. La foule s’est levée dans le but d’ébranler les colonnes du temple de la domination. Deux convictions : si Jésus de Nazareth était parmi nous, il aurait marché avec nous; le souffle de vie n’est l’apanage d’aucune religion en particulier.

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