Le risque d’un regard de confiance

Écho de la tradition. Dialogue de penseurs contemporains avec l’Évangile. Se risquer à imaginer ce que permet, aujourd’hui, l’événement fondateur du christianisme.

Le risque d’un regard…

Quand le soir tombe, vous regardez le ciel embrasé et vous pensez qu’il fera beau. Au matin, vous vous dites : Aujourd’hui, il y aura de l’orage, car le ciel est sombre. Vous déchiffrez les visages du ciel, et vous êtes incapables de reconnaître les signes des temps? 

Matthieu 16, 3*

« Comprendre son temps ne va pas sans accepter de se laisser submerger, sans prendre le risque même de s’égarer. Loin de mépriser les coutumes, le Christ les a néanmoins remises en question; non pas en sceptique assuré de quelque vérité de derrière la tête, mais en homme de foi, pour relancer le langage, les institutions, les structures sur les chemins de la vie. »

Fernand Dumont, Une foi partagée, Bellarmin, 1996, p. 259.


… de confiance devant ce qui devient possible

Ne craignez rien, vous. Je sais que vous cherchez Jésus le crucifié. Il n’est pas ici, car il est réveillé d’entre les morts, comme il l’avait dit. Voyez : c’est ici qu’on l’avait déposé. Maintenant hâtez-vous. Courez dire à ses disciples qu’il est réveillé d’entre les morts et qu’il vous attend en Galilée. 

Matthieu 28, 5-7*

La « vérité » du commencement ne se dévoile que par l’espace de possibilité qu’elle ouvre […]. Le tombeau vide est la possibilité de vérification qui se déploie dans l’ère de la parole et de l’Esprit. Aussi, l’événement initial devient un inter-dit. Non pas qu’il soit intouchable ou tabou. Mais le fondateur disparaît, impossible à saisir et à « retenir », à mesure qu’il prend corps et sens dans une pluralité d’expériences et d’opérations « chrétiennes ». Il n’y a plus de perceptible qu’une multiplicité de pratiques et de discours qui ne conservent ni ne répètent le même. L’événement est donc inter-dit, en ce sens qu’il n’est dit et donné nulle part en particulier sinon sous la forme de ces interrelations constituées par le réseau ouvert des expressions qui ne seraient pas sans lui.

Michel de Certeau, La faiblesse de croire, Seuil, 1987, p. 214.

* La Bible, nouvelle traduction, Bayard/Médiaspaul.

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