Le retour du fils

En ce temps de synode sur la famille, voici une histoire vécue dans une famille d’accueil chrétienne.

Un jour, un jeune homme nommé Charles se présenta dans une paroisse pour avoir de l’aide. Il était descendu du Lac-Saint-Jean afin de découvrir « la grand ville », Montréal, et d’y trouver de l’emploi. On lui avait fait miroiter bien des rêves, mais il vécut surtout des cauchemars. Il se fit plutôt prendre au piège de la drogue et, sans emploi, se retrouva à la rue. L’homme qui l’accueillit l’écouta attentivement, lui fit préparer un bon lunch par la cuisinière et l’invita chez lui où il fut traité comme un fils. Il lui trouva même un emploi dans une épicerie du quartier.

Trois mois passèrent ainsi. Ses vieux démons réapparurent. Retombé dans la drogue, le jeune homme se mit à gaspiller son argent, à négliger son nouvel emploi qu’il perdit rapidement. Son père adoptif en fut très attristé et tenta de le remettre sur pied. Charlot trouva un autre emploi dans un bar du centre ville… ce qui n’aida pas les choses. Il décida de donner ses payes à son nouveau paternel pour éviter de tout dilapider. Patient, le père accepta, mais le jeune homme ne tint pas promesse de marcher droit. Le père lui adressa un ultimatum : tenir sa promesse ou quitter la maison. Charlot ne put tenir parole. Le père lui dit alors de quitter le foyer.

Sept ans s’écoulèrent sans aucune nouvelle. Puis, un jour, Charlot se représenta à la paroisse tout craintif, inquiet de la réaction de celui qu’il considérait toujours comme son père. Il était passé plusieurs fois devant la maison paternelle, mais n’osa jamais s’arrêter. En le voyant, son père se leva d’un bond et le prit dans ses bras en pleurant. Tout heureux de cet accueil, Charlot lui avoua que la fin de son séjour l’avait beaucoup secoué, mais qu’il s’était vraiment pris en main depuis. Il avait désormais un bon emploi et était le père d’un petit garçon de 5 ans nommé Nathaniel. Le père s’empressa d’avertir son conjoint de cette bonne nouvelle et ils fêtèrent ces retrouvailles à la maison. En effet, cette famille est formée de deux hommes qui vivent leur foi en aidant, avec amour et respect, des jeunes de leur quartier et d’ailleurs. Une autre histoire semblable concerne un jeune homme qui avait fait une tentative de suicide et qui fut hébergé plus d’un an par ce couple qu’il considère toujours comme ses parents adoptifs. Ce qui lui sauva la vie.

Richesse et variété caractérisent la famille, chrétienne ou non. Elle se déploie dans bien des modèles et des genres et l’Esprit y produit ses fruits, cet Esprit qui souffle où il veut, comme il veut…

Mots clés :
, , , , ,