La rencontre

« Dans sa structure dynamique, la rencontre pousse vers l’ouverture, conduit au dialogue, incite au développement, espère un contact, soulève la curiosité, mais aussi appréhende l’inconnu, doute, enivre, etc. »

À elle seule, elle évoque un sens, une direction, un état. Dans sa structure dynamique, la rencontre pousse vers l’ouverture, conduit au dialogue, incite au développement, espère un contact, soulève la curiosité, mais aussi appréhende l’inconnu, doute, enivre, etc. La rencontre est une chose inhérente à la nature humaine. Nous sommes faits pour établir des communications, nous lier, vivre en relation. Même les solitaires établissent des relations avec leur environnement, l’art, la pensée, Dieu.

Rencontrer, c’est entrer progressivement sans bousculade dans la vie d’autrui à la hauteur de notre propre compréhension. Au-delà de celle-ci, l’autre nous échappe complètement. La rencontre peut, bien sûr, demeurer sur le seuil de la porte et ne jamais dépasser cette étape élémentaire. À ce niveau, les rapports d’intérêt jouent d’influences multiples, la séduction pactise avec le désir de plaire et de dominer, les sens en éveil communiquent leur attente. La vie dans ce qu’elle a de plus simple se consomme, se jette et refait surface sans souci des jours précédents. Mais la rencontre peut aussi devenir une terre d’accueil, l’occasion d’accéder à un autre niveau de conscience. De ce promontoire, la vie s’écoule sur un tout autre plan. Le regard y est pénétrant, les paroles ajustées au souffle intérieur, le pas à celui de l’univers. L’art est un puissant moteur de rencontre et je suis convaincu que plus nous réussirons à mettre en relation les talents de chacun, soignant la qualité de nos rencontres, plus nous parviendrons à survivre aux troubles sociaux actuels, car nous aurons appris à regarder autrement, à écouter, à sentir… à vivre.

Sylvain-Alexandre Lacas

Mots clés :
, ,