La méditation chrétienne : retour d’un vieux sentier de foi

À la recherche d’un chemin qui mène au cœur de soi pour être disponible totalement à la Présence qui s’y trouve, le moine cistercien John Main découvre le sentier de la méditation chrétienne, offert depuis 1977 au Québec.

Pour bien comprendre l’origine de la Méditation chrétienne, il nous faut rencontrer John Main, o.s.b., principal artisan de la mise à jour de cette forme de prière dans le monde chrétien contemporain. Entre 1954 et 1956, alors qu’il était diplomate en Angleterre, il fut affecté en Malaisie. C’est dans le cadre de ses fonctions qu’il y rencontra un swami hindou. Impressionné par l’engagement de ce dernier, il se met à méditer avec lui. En 1959, bousculé par la mort d’un jeune neveu, John Main entre chez les moines bénédictins. Dix ans plus tard, il devient directeur d’une école reliée à un monastère aux États-Unis. C’est à ce moment qu’il découvre l’enracinement chrétien de cette forme de prière qui utilise un mantra.

En accompagnant un jeune étudiant, féru d’informations sur la prière, il découvre en effet des écrits du IVe siècle de Jean Cassien relatant que des moines se retiraient dans le désert pour prier à l’aide d’un seul mot ou d’une seule phrase tirée de la Bible. On trouve aussi un retour à cette forme de prière au XIVe siècle dans les écrits d’un auteur anonyme anglais : Le nuage d’inconnaissance. Plus près de nous, au XVIIIe siècle, Le récit du pèlerin russe fait état de la Prière de Jésus qui consiste à répéter la phrase suivante : « Jésus, fils de Dieu vivant, prends pitié de nous. » Fier de cette découverte, John Main décide donc de rendre accessible cette forme de prière au monde contemporain. Il fonde, en 1974, le Centre de méditation chrétienne à Londres. C’est en 1977, à la demande d’un évêque anglophone de Montréal, qu’il vient y fonder un prieuré bénédictin, où il se donne comme mission d’enseigner la méditation chrétienne. Une fois par semaine, des personnes viennent le rencontrer pour recevoir des instructions et méditer avec lui. Décédé en1982, Laurence Freeman, o.s.b., continue actuellement son œuvre.

Il n’y a rien de plus simple que de méditer. Dans notre monde où tout devient souvent compliqué, il apparaît même un peu simpliste d’apprendre ainsi à ne rien faire. Juste être là en présence de Celui qui nous habite. Pour en connaître la méthode, je vous invite à aller sur le site Web de la Médiation chrétienne1.

Depuis le passage de John Main à Montréal dans les années 1980, plusieurs groupes de méditants se sont formés au Québec et dans le monde entier. Le groupe sert à aider le méditant à maintenir la discipline. En effet, se retrouver une fois par semaine autour d’un petit texte sur la méditation et méditer ensemble aide le méditant à rester fidèle à ses deux périodes de prière par jour. Ayant fréquenté assidûment le prieuré de 1979 à 1983 et animant un groupe depuis 10 ans à Lachute, le père Michel Boyer, franciscain, assume la coordination pour le Québec et les régions francophones du Canada depuis 7 ans.

Nous rencontrons, dans ces groupes, plusieurs personnes qui ont renoué avec la foi chrétienne à l’aide de la méditation chrétienne. Ils y retrouvent une relation plus personnelle à Dieu. Ces groupes comprennent des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes. Plusieurs personnes qui ont mis cette forme de prière dans leur vie témoignent comment leur quotidien en fut changé. Engagée dans la mise sur pied d’une coopérative de logement, une participante nous dit comment elle prend maintenant le dossier avec beaucoup plus de sérénité et de confiance. Un homme et une femme en couple, engagés dans le domaine de l’aide humanitaire en Afrique, méditent maintenant ensemble chaque jour quand ils sont au loin.

Cette forme de prière trouve sa pertinence dans notre monde actuel où la performance, l’obligation de résultats, le bruit envahissant des radios, de la télé et d’Internet, et le souci de rentabilité font la loi. Quand on médite, on ne fait qu’être. Être en présence de cet Esprit qui nous habite dans le silence et la sérénité. De plus, la naissance de petits groupes constitue des cellules d’Église réelle, non institutionnelle. Dans ses débuts, la Méditation chrétienne a dû affronter certaines réticences, car elle était associée au bouddhisme, mais dans ces temps d’ouverture, elle est de plus en plus considérée comme un nouveau sentier de foi.

1. Visitez www.meditationchretienne.ca.

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