J’ai marché le camino de Saint-Jacques de Compostelle

« J’ai marché le camino sous la pluie constante et intermittente. Sous le vent violent et la grêle de la montagne. La pluie a façonné mes pensées et arrêté le temps au présent. Ma marche est devenue une démarche. »

J’ai marché le camino
(le chemin de Saint-Jacques de Compostelle).
Sous la pluie constante et intermittente.
Sous le vent violent et la grêle de la montagne.
Sous un soleil ardent dans la plaine de blé ou de vignes.
J’ai traversé à moult reprises le village médiéval
et la grande ville avec sa cathédrale.
La pluie a façonné mes pensées
et arrêté le temps au présent.
Ma marche est devenue une démarche.
À force d’user mes chaussures, j’ai usé mes habitudes.
J’ai connu le silence, la solitude, le dépassement, la joie du camino,
en pleine effervescence du renouveau printanier.
J’ai connu la différence, la tolérance et l’humilité,
dans l’ambiance du renoncement.
J’ai connu le merveilleux chemin de la transformation;
je suis allé moins au bout de la route qu’au bout de moi-même.
J’ai connu l’amitié et la bienveillance du camarade-pèlerin,
son respect et le respect du paysan.
J’ai connu les rencontres amicales à l’esprit de fraternité,
entre des marcheurs d’origines et de langues diverses.
J’ai connu le triomphe intérieur du cheminement,
et de son aboutissement à Santiago.
Le camino me manquera. Toujours.

Rodolphe Latreille
Gatineau

Partir

Partir est avant tout sortir de soi.
Briser la croûte d’égoïsme
qui essaie de nous emprisonner
dans notre propre moi.
Partir, c’est cesser de tourner
autour de soi-même,
comme si on était le centre
du monde et de la vie!
Partir, c’est ne pas se laisser
enfermer dans le cercle
des problèmes du petit monde
auquel nous appartenons,
quelle que soit son importance.
L’humanité est plus grande :
et c’est elle que nous devons servir.
Partir, ce n’est pas
dévorer des kilomètres,
traverser des mers ou
atteindre des vitesses supersoniques.
C’est avant tout s’ouvrir aux autres,
les découvrir, aller à leur rencontre.
C’est s’ouvrir aux idées,
y compris celles
qui sont contraires aux nôtres.
C’est avoir le souffle
d’un bon marcheur.

Dom Elder Camara
Brésil

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