Il élève les humbles

Le succès des fêtes autour de la canonisation du frère André à l’oratoire Saint-Joseph : n’était-ce là qu’une simple expression folklorique de la foi?

Son humilité et sa bonté illuminent son visage et déterminent même son attitude corporelle. Comme si l’Amour avait moulé son corps. Les photos d’époque en sont témoins et la petite statue qui le représente dans la basilique de l’oratoire Saint-Joseph est éloquente à propos de ces qualités intérieures. Notre cher saint frère André me rappelle Marie et son magnificat, les humbles et courageuses fondatrices de notre pays et le « service inlassable des pauvres dans l’Amour » qui a marqué leur vie. Le frère André nous rappelle aussi tous ces humbles travailleurs et toutes ces vaillantes travailleuses qui, de la campagne à la ville, ont défriché, labouré, semé tout en portant des brassées d’enfants pour les uns, bâti routes, ponts et usines et se sont éreintés à suivre le rythme des chaînes de montage jusqu’à y laisser leur santé pour les autres. Tous les « Canadiens français » de l’époque avaient une grande dévotion, une grande confiance au frère André et à saint Joseph, sans oublier à la Vierge Marie, à la bonne sainte Anne et à quelques autres. Ils y puisaient force, courage et espérance dans une vie de durs labeurs, d’insécurités et d’humiliations. La foi comme le royaume de Dieu, c’est une affaire de famille, et en famille on se tient et on s’entraide.

Il est heureux que les autorités ecclésiales reconnaissent les œuvres de Dieu et la sainteté dans la vie de cet humble serviteur. Nuit de prière à la crypte de l’Oratoire, le 17 octobre, où il manquait de place, grande fête à Rome le même jour et au stade olympique le samedi 30 octobre prochain. Il y a longtemps que la foi populaire, le sensus fidei avait tranché la question. On reconnait un arbre à ses fruits et ils furent abondants dans la vie du frère André : prière confiante à saint Joseph, accueil, adoration nocturne, écoute des souffrances et des angoisses de tous ses concitoyens et concitoyennes, visites des pauvres et des malades; une vie comblée de grâces. On croirait lire des pages d’Évangile. Espérons que de remettre ainsi le bon frère André sur la carte ou à l’ordre du jour nous redonne le sens des priorités dans nos vies, sinon le vrai sens de nos vies tout simplement.

Voici ce qu’en dit M. Marco Veilleux, qui a passé la nuit à l’oratoire Saint-Joseph : « C’était un beau moment d’Église « populaire » et d’Église « multiculturelle ». Tous ces nouveaux arrivants qui se sont approprié le personnage du frère André : c’est quand même extraordinaire!

» J’ai donc passé cette nuit assis par terre (faute de places assises, tellement il y avait de monde), entouré d’une foule de gens de tous les horizons, de toutes les générations. Beaucoup de gens simples, de pauvres, de petits : ceux que le frère André a toujours attirés. L’ambiance était extraordinaire : la paix, la ferveur, la solidarité… Une lumière dans la « Grande Noirceur » ecclésiale actuelle où l’on entend parler seulement de déclin, de pédophilie et d’autres crises! Enfin, une vraie fête de la foi, simple et humble, autour d’un homme du peuple, aimé par le peuple. Et la joie d’être ensemble, tout simplement, en Église. Tous rassemblés dans la diversité, pour prier une nuit entière, chanter et fêter, finalement, ce qu’affirme le magnificat : « Il élève les humbles… » Dans une société où ces « humbles » sont trop souvent méprisés et ignorés, c’était aussi un beau témoignage évangélique… Non, si nous savons « voir », ce n’était pas là que du « folklore »… »

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