Femmes et Ministères : lieu de solidarité et de parole

Des femmes se sont rassemblées pour défendre leur place dans l’Église afin qu’elles soient reconnues en toute égalité avec les hommes à tous les niveaux de responsabilité.

Des femmes engagées dans l’Église catholique, elles sont nombreuses, et nous en trouvons de plus en plus depuis le concile Vatican II à tous les niveaux : diocésain, paroissial ou scolaire. Un certain nombre de ces femmes sont rémunérées par l’institution ecclésiale et travaillent à un service pastoral ou administratif. Elles assument des tâches et des fonctions qui étaient autrefois exclusivement réservées aux clercs. Cependant, elles n’ont pas vraiment de voix au chapitre et ne jouissent pas d’une reconnaissance officielle. Elles ont besoin d’un lieu de rassemblement et de solidarité.

Origine et objectifs

C’est en octobre 1982 qu’une vingtaine de femmes, engagées en Église ou théologiennes, ont jeté les bases d’un regroupement qui allait devenir le réseau Femmes et Ministères. À cet effet, elles ont décidé de former « un lieu de solidarité et de parole, un lieu de ressourcement et de célébration, un lieu de recherche et d’analyse, un lieu d’élaboration d’une pensée commune, un lieu de concertation en vue d’une prise de parole collective ». Ses membres sont des femmes qui proviennent de plusieurs diocèses francophones du Québec, de l’Ontario et de l’Île-du-Prince-Édouard. Leurs objectifs sont : « travailler à la reconnaissance de tous les ministères exercés par des femmes dans une Église dynamique et missionnaire; nommer, s’approprier et promouvoir les pistes théologiques et pastorales inscrites dans un service ecclésial des femmes; développer un partenariat et une solidarité avec des femmes et des hommes intéressés aux objectifs que nous poursuivons; prendre position sur les questions d’actualité relatives à la responsabilité et à la situation de la femme dans la mission de l’Église et à l’accès des femmes à tous les ministères ordonnés1 ».

Activités

Le réseau Femmes et Ministères se distingue par des recherches théologiques et pastorales, des publications de volumes et d’outils d’animation, l’animation de sessions de formation, l’organisation de colloques et de divers rassemblements.

Nommons en particulier les publications suivantes : le recueil Paroles de femmes, paroles d’évêques, sur la participation des femmes à la vie de l’Église2; les livres Les soutanes roses. Portrait du personnel pastoral féminin au Québec3; Voix de femmes, voies de passage, recherche-action portant sur les pratiques pastorales et les enjeux ecclésiaux4; Projets de femmes. Église en projet5 et La 25e heure pour l’Église. Guide d’animation pour des rencontres-salon6. Elles ont un site qui est très actif où se trouvent différentes contributions concernant les femmes et l’Église. Elles sont également en lien avec d’autres groupes de femmes.

Interpellation majeure

En 2007, le réseau Femmes et Ministères a fait connaître officiellement sa position sur l’ordination des femmes dans l’Église catholique romaine. L’interdiction pour les femmes d’avoir accès aux ministères ordonnés tant diaconal que sacerdotal constitue une interpellation majeure. En effet, des femmes qui se sentent appelées à ces ministères et possèdent une formation qui leur permettrait d’y avoir accès ne peuvent que se sentir brimées. Particulièrement dans une société qui affirme l’égalité entre les hommes et les femmes.

« Avec Jean XXIII et le concile Vatican II, on a vu renaître l’espoir de l’accession des femmes aux ministères. Ces espoirs se sont atténués sous le pontificat de Paul VI. Ils sont à peu près disparus avec l’arrivée de Jean-Paul II, qui a multiplié les interventions pour s’y opposer, au nom même de l’identité de la femme. Avec la lettre Ordinatio sacerdotalis, en 1994, il a verrouillé la porte, engageant même ses successeurs. L’élection du cardinal Josef Ratzinger comme pape suscite peu d’espoir sur l’ouverture des ministères ordonnés aux femmes7. »

La suite

Le sentier de foi que le réseau Femmes et Ministères a tracé doit être poursuivi avec espérance et détermination. La voie n’est pas facile et les portes ne s’ouvrent pas. Les ordinations de femmes dans l’Église catholique romaine demeurent des situations d’excommunication. C’est dire que la voix officielle de l’Église institutionnelle est forte en paradoxes : elle affirme une égale dignité des enfants de Dieu en même temps qu’elle promeut une différence marquée et séparée entre les hommes et les femmes dans les ministères.

1. Voir le site www.femmes-ministeres.org.

2. Éditions Paulines, 1986.

3. Éditions Bellarmin,1988.

4. Éditions Paulines, 1995.

5. Éditions Paulines, 2002.

6. Éditions Paulines, 2002.

7. Pauline Jacob, Appelées aux ministères ordonnés, Montréal, Novalis, 2007, p. 199.

Voir aussi l’article « Ces lampes qu’on maintient sous la table », sur l’appel de plusieurs femmes au presbytérat paru dans le numéro du 4 mars 2009 de Sentiersdefoi.info (vol. 4 no 10).

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