Du cinéma qui mise sur la quête de sens

Du 5 au 8 octobre 2006, au coeur d’un petit village de la Beauce, se tient un événement unique : le Festival de cinéma religieux et humaniste de Saint-Séverin. Quand le cinoche allie plaisir et réflexion...

Sur les hauts plateaux de la Beauce, à l’écart des grands axes routiers, un petit village de 276 habitants est l’hôte d’un événement tout à fait unique en Amérique du Nord : le Festival de cinéma religieux et humaniste de Saint-Séverin, dont la 2e édition aura lieu du 5 au 8 octobre prochain, lors de la fin de semaine de l’Action de grâce. « De nouveau, vu le succès de la première édition où 725 entrées ont été enregistrées, nous informe le communiqué de presse, le festival accueillera un public que nous espérons de plus en plus nombreux, intéressé à la culture et au patrimoine religieux et désireux de réfléchir aux aspects autres que matériels de l’existence. »

L’intuition de départ qui a donné naissance au festival a surgi d’une simple préoccupation. Tel que l’affirme Mme Louise Chamberland, directrice de l’événement, « le festival est né de la tentative de donner un essor au village. Nous avions déjà un comité pour la protection du patrimoine de Saint-Séverin. Nous voulions créer un événement plus que local, un événement récurrent. On s’est rendu compte que ce que l’on avait de plus beau chez nous, c’était le patrimoine paroissial ~ notre cimetière qui possède des croix en fer forgé, rares au Québec, nos sites naturels, parce qu’on est un village de montagne, et nos maisons ancestrales. Et comme l’église était sous-utilisée et menacée, à cause de la diminution de la pratique, il fallait réagir… »

Et le cinéma dans tout ça?

« J’aime beaucoup le cinéma, ajoute Mme Chamberland. J’avais réalisé qu’il y avait beaucoup d’œuvres cinématographiques à caractère religieux ou humaniste qui sortaient dans les grandes villes, mais pas en région. Il faut vraiment vouloir pour trouver ce matériel-là ici. J’avais vu quelques-uns de ces films. Je voulais former au départ un groupe qui visionnerait ces films et en discuterait, mais ça ne s’est pas produit. Quand on a parlé de trouver un événement qui nous ressemblerait et nous rassemblerait, l’idée m’est venue de faire un festival de cinéma dans l’église. Et pourquoi pas un festival religieux? Les gens ne comprenaient pas beaucoup ce qu’on faisait au départ. Parce que le cinéma en région, ce sont les superproductions. C’est le cinéma commercial qui est diffusé. Ce qu’on propose est tout à fait différent. »

Religieux et humaniste?

Le festival ne veut pas faire la promotion de la religion, précise Mme Chamberland : « Nous voulons mettre de l’avant la culture religieuse, la question de l’identité, de nos racines. Avec le volet humaniste, nous allons rejoindre la quête de sens, la réflexion. C’est plus large. Une définition de ce terme me rejoint spécialement : “L’humanisme met au premier rang ce qui grandit l’être humain et dénonce ce qui contribue à sa dégradation, à son avilissement.” On peut parler d’une certaine forme de déshumanisation de la société. Avec le festival, c’est un peu la pierre que l’on met pour changer le monde. »

Encore cette année, les cinéphiles auront l’occasion de découvrir des documentaires, des films de fiction, des courts métrages touchant ces thèmes. C’est avec enthousiasme que des réalisateurs et d’autres invités reconnus, le général Roméo Dallaire notamment, ont répondu à l’invitation des organisateurs à se joindre au festival pour y faire de belles rencontres. L’événement se veut aussi un lieu de débat : le samedi, une table ronde sur les femmes et la prêtrise suivra la présentation de trois courts métrages qui traiteront de la question. « Au lieu d’avoir un seul invité pour commenter ces films, nous avons eu l’idée de faire une table ronde pour débattre ensemble de ces questions », ajoute avec enthousiasme Mme Chamberland. Suzanne Guy, réalisatrice du documentaire Du cœur à l’âme avec ou sans Dieu, présenté lors de la 1re édition, animera la rencontre.

« C’est à un rendez-vous cinématographique authentique, à des films de qualité, dans une atmosphère des plus conviviale que vous invite le Festival du cinéma religieux et humaniste de Saint-Séverin. Un événement inédit et non compétitif, libre de toute croyance, église ou religion », conclut-on dans le communiqué.

Pour en savoir davantage sur le festival et sur la programmation : www.festivalcineseverin.org.

Parmi les films présentés

  • Le chant perdu de Grégoire
  • d’Amelia Escriva
  • France, 2005.
  • Jeudi 5 octobre, 19 h.

  • Les chemins de Marie
  • de Monique Leblanc
  • Québec, 2005.
  • Vendredi 6 octobre, 13 h.

  • L’Évangile selon les papous
  • de Thomas Balmès
  • France, 1999.
  • Vendredi 6 octobre, 19 h.

  • J’ai serré la main du diable
  • (d’après le livre du général Dallaire)
  • de Peter Raymont
  • Canada, 2004.
  • Samedi 7 octobre, 19 h.

  • Circoncision
  • de Nurith Aviv
  • France, 2000.
  • Dimanche 8 octobre, 19 h, en clôture du festival.

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