Dieu aime-t-il le sexe?

Selon notre éducation, nous percevons la sexualité de façon différente. Mais en fait, qu’est-ce que la sexualité? Plusieurs concepts ont été et sont encore véhiculés... Et ceux-ci, que disent-ils de Dieu?

À certaines époques antérieures, la sexualité était valorisée surtout pour la reproduction. Toucher son corps et avoir du plaisir avec celui-ci, c’était mal, et cela pouvait même nous envoyer en enfer! Je me souviens, il y a un certain temps, d’une formation sur le célibat consacré qui était offerte à des religieuses. Ce qui était le plus frappant, bien que peu étonnant, c’est que peu d’entre elles étaient capables d’expliquer clairement pourquoi, à l’intérieur de leur engagement au célibat, elles ne pouvaient avoir de relations sexuelles ni pratiquer la masturbation.

Cette confusion était due au manque évident de formation adéquate. Peu d’entre elles arrivaient à comprendre ce que le corps, l’esprit et l’affectif recevaient comme message à travers ce choix. L’explication qui revenait le plus souvent était simplement : « C’est mal de faire cela! » Avec ce constat, nous pourrions facilement croire que Dieu n’aime pas le sexe!

Une société hypersexualisée?

Dans nos temps modernes, la société véhicule le mirage d’une sexualité très orgasmique, à sensations fortes, ouverte et très génitale. C’est ce qui rendrait l’être humain plus heureux, épanoui, bien dans sa peau et émancipé. Moi, ce que je vois comme résultat dans mon bureau ressemble plutôt à un vrai fiasco!

Afin d’entrer dans ce mirage, certaines personnes sont même prêtes à faire n’importe quoi. Je pense en particulier à cette nouvelle mode de parties chez les jeunes. Il s’agit en fait de faire une compétition de fellation. Les filles qui sont game font la fellation à tous les gars, et la meilleure gagne! Comment pensez-vous qu’une jeune fille ayant vécu une telle expérience arrive dans mon bureau? Non, elle n’est ni épanouie ni bien dans sa peau! De même pour l’homme qui dit qu’en allant dans les clubs d’échangiste, ça lui fait du bien de pénétrer plus d’une femme, car il se sent très homme. Je comprends son discours défensif, mais en réalité ces pratiques estompent plutôt de façon temporaire un malaise affectif auquel il ne fait pas face. Dans la société actuelle, la sexualité renvoie généralement à des pratiques génitales déshumanisantes. Beaucoup de souffrances s’expriment à travers la génitalisation.

Une sexualité dissociative?

Bref, que ce soit dans une époque ou une autre, nous concevons la sexualité de façon dissociative. Lorsque nous parlons de sexualité, les seules choses qui nous viennent en tête sont des fesses, un pénis, une excitation, un orgasme, des corps nus. Nous ne pensons qu’à des éléments reliés aux zones érogènes. C’est en fait une grosse erreur…

Lors d’une relation sexuelle, seul ou avec quelqu’un d’autre, nous ne vivons cette relation dans le corps que dans une proportion de 10 %; c’est au niveau affectif que se vit la plus grande partie de l’expérience. L’être humain n’est pas seulement un corps, un affectif ou un esprit; il est tout cela en même temps. Ces trois composantes sont indissociables l’une de l’autre. Toutefois, on comprend que les blessures affectives puissent pousser l’être humain à se dissocier afin de survivre à sa souffrance. Il est important de comprendre que la sexualité est à l’image de la personne et de ne pas oublier que Dieu aime l’être humain tel qu’il est !

Pour rétablir une vision juste et saine de la sexualité humaine, il est important de recevoir une formation adéquate. Je dis adéquate, car déjà beaucoup d’éducateurs sont contaminés par les propositions actuelles de la société.

Proposer une sexualité saine

À l’Institut international de développement intégral, nous nous efforçons d’offrir une autre proposition. La sexualité est à la base de l’être humain. On peut facilement comparer la sexualité à l’instinct de vie, car la pulsion sexuelle pousse la personne à aimer, à créer (c’est-à-dire transmettre la vie, se prolonger) et à entrer en relation (c’est-à-dire se compléter). Ces aspects s’expriment à trois niveaux : le niveau érotique, qui réfère au corps, et les niveaux affectif et spirituel, qui font appel au sens à la vie.

Un exemple d’une sexualité vécue sainement ressemblerait à ceci : des conduites humaines dans le sens de la vie et de l’amour. Elles répondent aux valeurs affectives de l’être humain, soit la vérité, la liberté, le respect et la fidélité à soi et à l’autre (niveau affectif); elles ont un sens pour la personne (niveau spirituel) et elles excitent ou calment le corps, tout dépendant de l’engagement de la personne (niveau érotique). Ainsi, tout être humain sur terre vit la sexualité, même la personne qui est engagée à promouvoir un calme dans la dimension érotique de sa génitalité. Toutes et tous, nous transmettons la vie, d’une façon ou d’une autre; toutes et tous, nous sommes faits pour l’amour et, toutes et tous, nous cherchons à nous compléter…

Et Dieu dans tout ça?

La sexualité en elle-même promeut la vie et l’amour. Une chose est claire : Dieu veut que l’être humain vive dans la plénitude, c’est-à-dire dans la vie et dans l’amour. Donc, lorsque nous comprenons réellement ce qu’est la sexualité dans sa réalité globale et humaine, il est tout à fait juste de dire que Dieu aime le sexe.

Selon un sondage CSA / Le Monde des religions publié en 2005 :

Quelque 72 % des Français interrogés considèrent que l’Islam est très ou assez répressive en matière de sexualité, alors que 43 % considèrent la même chose à propos du catholicisme.

Le protestantisme est considéré par une personne sur deux comme peu ou pas répressif en cette matière.

Près de 80 % des Français considèrent qu’il n’est pas vraiment ou pas du tout justifié que les institutions religieuses interviennent pour dire ce qu’il est bon ou non de faire dans sa vie privée en matière de sexualité.

Que les institutions interviennent pour rappeler publiquement à la société les grands principes en matière de morale sexuelle ne semble pas plus justifié pour 7 Français sur 10.

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