Des citoyens à la rue

Pour comprendre l’itinérance, il faut prendre le temps d’écouter les personnes itinérantes... et peut-être leurs propres pistes de solution.

On les a vus à plusieurs reprises et un peu partout : assis sur un banc, couchés dans un parc, en train de quêter à un coin de rue. Ce sont des hommes et des femmes qui sont dans la rue; on les appelle des clochards, des sans-abri, des itinérants.

Le phénomène de l’itinérance n’est pas nouveau au Québec; par contre, les gens touchés par cette situation et les causes qui amènent ces citoyens à la rue commencent à nous questionner en ce qui a trait au défi de l’inclusion sociale et de l’exercice de la citoyenneté. C’est pour cela que, du 29 septembre au 1er octobre, Montréal a accueilli la Commission parlementaire des Affaires sociales afin de tenir des consultations et des audiences publiques sur le phénomène de l’itinérance.

Plusieurs organismes – entre autres Le Bon Dieu dans la rue, le Refuge des jeunes, l’Accueil Bonneau, la Maison du Père, le RAPSIM et le C.A.P. Saint-Barnabé – ont participé à ces audiences. Ils ont représenté la voix des sans-voix, c’est-à-dire la voix de ces personnes de la rue qui sont aussi sans fonction, sans emploi, sans statut, sans éducation, sans dignité. Les organismes nous ont rappelé qu’il ne faut pas attendre que les situations soient dramatiques pour agir. D’où trois propositions urgentes : la lutte à la pauvreté, l’investissement dans le logement social et l’éducation, car il y a beaucoup d’analphabétisme chez les personnes itinérantes. Ils nous ont affirmé aussi que pour comprendre l’itinérance, il faut écouter les gens qui vivent cette situation afin d’entendre leurs préoccupations, leurs parcours et leurs propres pistes de solutions pour s’en sortir.

Cette réflexion sociale nous invite à ne pas rester indifférents et à analyser nos choix comme société afin de comprendre pourquoi des personnes vivent dans la pauvreté et la misère et sont dans la rue. Également, cette réflexion nous interpelle : elle invite à nous engager pour améliorer la situation, changer notre regard et construire des instances où l’espoir, l’accompagnement et la confiance puissent être vécus par les personnes itinérantes. L’appel est là, et c’est à nous de répondre.

Photo : Marcela Villalobos Cid

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