Des chrétiens se prononcent contre la loi 78

La situation actuelle au Québec, avec l’adoption de la loi 78 par le gouvernent, interpelle tous les citoyens et citoyennes, en particulier les chrétiens et chrétiennes. Voici quelques prises de position.

La loi 78 a soulevé nombre de protestations dans toutes les sphères de la société. Au sein de cette crise sociale, des chrétiens et chrétiennes ont aussi décidé de se prononcer. Le vendredi 18 mai dernier, nous recevions cette « Déclaration de chrétiens sur le projet de loi 78 » du Relais Mont-Royal de Montréal :

« Si nous avons toujours jugé que le Relais n’avait pas à prendre de position sur des points de politique partisane, nous croyons au contraire qu’il est le devoir du Relais de recourir à la lumière de l’Évangile lorsqu’il s’agit de points de politique qui interfèrent avec les valeurs évangéliques.

Depuis les débuts des protestations étudiantes, plusieurs chrétiens et chrétiennes ont appuyé les démarches des carrés rouges, des carrés verts et des carrés blancs. Peu importe leurs opinions, plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui outrés par le projet de loi 78 qui veut restreindre pour les citoyens le droit fondamental de manifester pacifiquement leurs désaccords vis-à-vis de la hausse des frais de scolarité. Certains ont envisagé le recours à la désobéissance civile. Chez les catholiques, le Catéchisme stipule (§ 2242) : « Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l’ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l’Évangile. » C’est ainsi qu’en tant que chrétiens :

  • Nous dénonçons une mesure qui n’ouvrira aucun dialogue, mais risque d’exacerber les positions et de mener à la violence, qu’elle soit physique ou verbale.
  • Nous dénonçons le projet de loi 78 qui restreint pour les étudiants en grève et ceux qui les soutiennent le droit fondamental de manifester.
  • Nous dénonçons une mesure qui met en péril la survie des associations étudiantes.
  • Nous regrettons que le libellé de ce projet de loi n’ait pas fait l’objet de discussion avec les associations étudiantes, mais qu’il ait été imposé par le gouvernement.
  • Nous demandons à tous les chrétiens, quelles que soient leurs confessions, de dénoncer ce projet de loi qui met en danger l’une des libertés fondamentales reconnues dans une société qui se dit démocratique: le droit pour tous de manifester pacifiquement et spontanément son désaccord.

Les sociétés démocratiques occidentales se sont en grande partie inspirées des valeurs de l’Évangile chrétien pour définir plusieurs règles de droit. Aujourd’hui, nous nous posons la question : de quelle inspiration provient ce projet de loi? Pour nous, cela n’est certainement pas de l’Évangile ni des valeurs chrétiennes1. »

De même, le vendredi 25 mai dernier, Radio-Canada.ca relatait, à propos d’une manifestation pacifique ayant eu lieu à Québec la veille : « Les étudiants ont reçu un appui remarqué à leur cause. L’évêque anglican de Québec, Dennis Drainville, était présent à la manifestation pour dénoncer la loi 78 du gouvernement Charest. « Je suis ici ce soir pour manifester contre la loi 78 parce que je trouve complètement inacceptable que le gouvernement du Québec ait eu une approche de la sorte. Je ne représente pas la position de l’Église anglicane du Canada ni du diocèse de Québec, je suis ici comme citoyen », explique-t-il2. »

Enfin, le samedi 26 mai dernier, le Synode Montréal et Ottawa de l’Église Unie du Canada, réuni en assemblée générale annuelle, se prononçait en adoptant une résolution d’urgence sur la crise sociale au Québec. On y proposait que le Synode «‹condamne le recours à la violence, tant de la part d’une minorité de protestataires que de quelques policiers; demande le retrait ou l’annulation de la loi 78 dont la validité est fortement contestable et contestée; condamne le recours à des lois d’exception disproportionnées qui ont un effet contreproductif et qui nuisent au règlement de la situation; favorise une solution négociée pour mettre fin au conflit et demande aux parties de retourner le plus vite possible à la table de négociations; appelle les deux parties à faire preuve de flexibilité et de compromis dans la recherche d’une solution négociée3 ».

1. Cette déclaration a été publiée dans L’Aut’Journal, le mardi22 mai 2012 : www.lautjournal.info

2. Radio-Canada.ca, « 500 manifestants déambulent pacifiquement dans les rues de Québec », vendredi 25 mai 2011.

3. Pour lire la résolution complète, consultez le site Rencontre sous le chêne de Mamré: www.rencontresouslechenedemamre.net

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