De la mer à ton rêve, du désir à la plage

Un poète a saisi la poésie de la sculpture et la beauté que représente libérer l’âme des bois de grève. Il l’a exprimé dans des mots que l’artiste sculpteur a reconnus. Un poème de Gil Lévesque écrit pour Zo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Savourez de vos yeux le travail enlacé de mes
plaisirs, et que ma passion se déverse sur vous et
devienne votre seule raison de vivre.

De la mer à ton rêve, du désir à la plage,
je forme de mes mains le sillon bavassé de tes
courbes sans écorces.

Je te vois, je te prends, je t’embrasse. Je trace de
mes ciseaux les larmes que tous ont rejetées.

Je t’accueille sur la grève. Je t’apporte, je t’élève.
Je deviens ton disciple et demain ton maître.

Le temps que je porte à la beauté
dépend de l’instant et du silence emprisonné
sous le tronc de votre temps.

Tu dormais sur la berge à deux pas de mes
rêves, et tu t’éveilles en te laissant purifier de
mes doigts tant habiles qui t’habillent sans regret
de mes gestes sans fin.

Les étoiles t’ont bercé, le sable supporté
et moi je te façonne, j’ouvre ton cœur,
et laisse jaillir de ton âme
la sève séchée de tous tes secrets.

Roule sur le rivage, attends mon talent
et ne perds jamais courage,
car le sculpteur finira bien par reconnaître le
visage caché de ta peau trop brûlée.

Soulève-toi comme la forêt de mes inspirations.
Quitte ton village, suis le courant jusqu’à moi.
Installe ta confiance au centre de mon esprit
et attends ta nouvelle vie.

Je retiens mon souffle. Je crée ton image.
Ta parole cache les racines
de ton corps atrophié.
J’entre en toi et tu m’ouvres tes secrets.
Car la beauté de la sculpture ne peut être
révélée que lorsque les âmes savent regarder.

J’ai forgé sur l’enclume de mes blessures la
sculpture qui t’appartient. Elle a pris vie dans
mes bras et s’endort dans les tiens.

Poème de Gil Lévesque écrit pour Zo

Photo : Zo, Sauvetage, 2006.

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