Dans le jardin de la Résurrection

Ce chemin vers Pâques, cet inouï qu’est la Résurrection, quel mystère! Ne rejoint-il pas, en tant qu’humanité en quête, souvent errante, notre propre mystère, ce jardin intérieur? Un texte de Bernard Feillet.

Notre être d’éternité demeure encore pour nous insaisissable, mais il nous arrive de le rencontrer, sans le reconnaître; nous croyons que c’est un autre et c’est bien nous qui venons à notre propre rencontre. Cette rencontre est fugitive, dans ce lieu où nous sommes saisis d’infini. Elle s’accomplit dès l’enfance dans un instant de bonheur si fugace que nous cherchons toute la vie à le retrouver. Comment nous étonner d’être parfois si tristes et de nous surprendre à errer, comme un homme qui drague, dans le jardin de la Résurrection. De la Résurrection, nous ne connaissons que le jardin. Et nous ne savons rien d’autre que cet étonnement d’être là, sans connaître le chemin qui nous y a conduits.

Tiré de Bernard FEILLET, L’errance, Paris, Desclée de Brouwer, 1997, p. 19

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