Condition homosexuelle : un signe des temps?

À l’invitation du Réseau Culture et foi et de la paroisse Saint-Étienne, plus de 40 personnes se sont réunies pour réfléchir et discuter sur la reconnaissance sociale de la condition homosexuelle.

Dans la foulée de la lettre ouverte des 19 prêtres (dont plusieurs sont membres du Forum André-Naud) sur le discours de l’Église catholique en regard de l’homosexualité qui fut publiée en février dernier dans La Presse, un colloque a été organisé par la communauté chrétienne Saint-Étienne de Montréal, en partenariat avec le Réseau Culture et Foi. L’événement, qui s’est tenu le 14 octobre dernier, a rassemblé une quarantaine de personnes dans un climat de dialogue, sous le thème de la reconnaissance sociale de la condition homosexuelle.

Parmi les conférenciers invités, Gregory Baum a démontré comment la culture sociale précède et interpelle la foi. La condition homosexuelle est une variante de la nature. La vocation sociale des personnes gaies est de développer des solidarités avec les minorités : les femmes [considérées comme telles], les réfugiés, les autochtones, etc. Pour sa part, Hervé Tremblay, après avoir présenté les arguments scripturaires qui fondent la position officielle de l’Église catholique, a mis les participants en garde à propos des pièges liés à l’utilisation de la bible : il faut être conscients de ce qu’on lui demande.

Noël Simard, en lien avec les sciences humaines et le renouvellement de la réflexion de certains théologiens, a évoqué le problème de l’exclusivité des relations intimes, de l’importance de la responsabilité et de l’amour au coeur de celles-ci. Ce qui est inacceptable, c’est l’exploitation de l’autre. Thierry Delay a présenté l’évolution du débat de l’Église unie du Canada à partir des années 1960. De la condamnation de l’homosexualité, en passant par l’ordination des femmes et des hommes gais, jusqu’à la célébration des mariages des couples de même sexe.

Les témoignages de deux femmes et d’un homme ont interpellé certaines orientations théoriques. En fin de parcours, un souhait a été émis : le renouvellement de rencontres comme celles-ci. Ce colloque n’invite-t-il pas à rêver à la formation d’un groupe d’intervention qui irait, sur invitation, dans les communautés, pour offrir des témoignages et répondre aux questions des personnes intéressées. À la manière du Gris (Groupe régional d’intervention sociale) qui va dans les écoles, pourquoi ne pas créer un Gric (Groupe régional d’intervention chrétienne)?

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