Compassion

Le CJF met de l’avant « un projet de société, un christianisme critique, la lutte contre le néolibéralisme et une analyse féministe ». Une toile de Daniel Leblond et un texte de Christine Cadrin Pelletier en rendent compte.

Un projet de société, un christianisme critique, la lutte contre le néolibéralisme, une analyse féministe…

CompassionWebLes prises de parole du CJF sont pour moi l’expression d’un christianisme d’ouverture capable de conjuguer ensemble l’audace d’une analyse sociale critique, une liberté de pensée assumée et une force de conviction incarnée dans l’ici et maintenant. C’est cette capacité d’être et de faire qui peut, selon moi, permettre de relever les grands défis posés au christianisme par le monde contemporain traversé de multiples courants religieux et humanistes.

Le CJF représente, pour moi, une Église « hors les murs », dans la rue, sur la place publique; une Église en recherche, qui explore courageusement les avenues incertaines de l’avenir dans un monde qui se pense et évolue sans elle. Pour reprendre une expression qui m’est chère: le CJF « tient la route en inventant le chemin » et, surtout, en l’inventant avec tous ceux et celles qui sont sur la route, quelles que soient leur origine ou leur croyance. Pour y arriver, les membres savent faire le deuil du confort et de la sécurité de se retrouver entre semblables. Ils savent aussi faire preuve de résilience devant les difficultés et voir plus loin.

Dans son action, l’équipe du CJF se montre à la fois modeste et audacieuse, ayant confiance dans les personnes et en l’avenir; ses membres sont ouverts aux influences venues d’ailleurs et sensibles à la richesse des autres. Le CJF adopte les traits d’une Église incarnée, profondément enracinée dans la culture d’ici, attentive aux besoins des jeunes générations, des nouveaux arrivants, des femmes; une Église en phase avec la réalité mouvante du Québec et respectueuse de sa composante religieuse, passée et présente; une Église capable de doute, mais aussi de prises de parole transparentes et d’orientations claires.

Pour l’avenir, je ne souhaite qu’une chose: que le Centre justice et foi poursuive ses efforts de recherche, d’analyse, de dialogue et d’éducation pour contribuer à faire la vérité sur la société et l’Église du Québec. Sa réflexion critique et libre sur l’une et l’autre, mais aussi son amour indéniable des deux, fait, selon moi, la force du CJF. Par son action et ses prises de parole, le Centre se fait bâtisseur : il jette des ponts et ouvre des voies entre croyants de diverses religions et humanistes, entre hommes et femmes, entre jeunes et adultes, entre « nés natifs » et immigrants, entre nantis et défavorisés, entre clercs et laïcs, entre gouvernants et gouvernés. C’est ce dont la société a un grand besoin: des espaces et des temps de juste confrontation et de dialogue, des espaces et des temps de véritable rencontre et de convivialité, des espaces et des temps où être bien, en commun. Un christianisme critique comme celui du CJF contribue à créer ces lieux de parole: il permet de prendre la parole, de donner la parole et de donner sa parole pour parvenir ensemble à bâtir un monde plus juste et plus vrai en réponse à l’appel du Verbe incarné.

Christine Cadrin Pelletier

Tableau : Compassion de Daniel Leblond

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