Comme l’eau, source de vie

La recherche de la dignité, de la justice, de la solidarité, de la liberté, de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la non-violence est comme une eau désaltérante. Elle est source de vie pour toute l’humanité.

La dignité des personnes est au cœur de la raison d’être et de la mission du CPRF. Dans son essence, la dignité humaine signifie que l’être humain est au-dessus de tout prix. Toute logique de mort et d’oppression mise en œuvre dans le monde pour asservir, exploiter, exclure, aliéner quiconque est une atteinte à chacun et chacune d’entre nous. Lorsqu’un être humain est atteint dans sa dignité, c’est toute l’humanité qui est rabaissée. C’est, croyons-nous, Dieu même qui en est atteint. Quel parent n’est pas affecté, terrassé ou submergé d’un sentiment d’impuissance lorsque l’un de ses enfants subit une terrible épreuve? L’eau vive de la dignité est indispensable à la vie de toute personne, mais il y a risque qu’on la pollue.

La lutte pour la justice sociale est une autre pierre angulaire des fondations du CPRF. L’être humain a la propension à se créer des dieux (le marché, l’argent, le commerce, la sécurité nationale, la religion, etc.) qui lui font perdre de vue les personnes et leur dignité. C’est au nom de ces dieux qu’il va chercher à légitimer la guerre, les pires atrocités, l’exploitation, l’exclusion, le racisme, le sexisme, la dilapidation des richesses naturelles, etc. Il est donc nécessaire de chercher à transformer le monde en fonction du respect de la dignité de toutes les personnes. La justice est une eau vive à laquelle il est possible de s’abreuver. Elle permet aux personnes atteintes dans leur dignité de se relever et de prendre part à la vie donnée en abondance.

La lutte pour la reconnaissance et le respect de la dignité humaine et pour la justice sociale ne peut se faire que grâce à la solidarité et la liberté. La seule façon d’empêcher une rivière de couler librement vers la mer consiste à la harnacher en élevant des barrages sur son cours pour la soumettre à nos intérêts. Il en va de même des personnes. Lorsque, par nos idéologies, nous aliénons les personnes et les collectivités, lorsque par nos abus de pouvoir nous engendrons l’oppression, lorsque dans l’imposition d’un système économique dominateur nous créons l’exploitation, la pauvreté et la misère, lorsque par nos préjugés raciaux ou sexistes nous provoquons l’exclusion, alors nous harnachons la solidarité et la justice et brimons la liberté de conscience et le droit à la différence. Il est fondamental de développer des liens de solidarité dans la lutte pour le respect de la dignité humaine et dans nos combats pour plus de justice sociale. Les rivières de la dignité et de la justice ne peuvent couler librement que dans la mesure où nous nous attaquons solidairement aux barrages de l’injustice.

Par ailleurs, ce combat ne peut pas faire l’économie de la lutte pour l’égalité entre les sexes. La domination patriarcale de l’homme sur la femme est une eau empoisonnée qui ne nous permet pas d’établir de saine relation entre les deux sexes. Le refus de la reconnaissance de l’égale dignité de la femme et de l’homme ne peut que contribuer à nous embourber toujours davantage dans les boues nauséabondes de la domination idéologique du patriarcat dont souffrent une multitude de femmes. Il s’agit là d’une invitation à continuer le combat pour la pleine reconnaissance et le respect de la dignité des femmes!

L’embarcation à bord de laquelle nous avons choisi de voguer est celle de la non-violence. Nous croyons qu’il est urgent d’entrer en rupture avec la violence, cette spirale infernale qui enferme l’humanité depuis la fondation du monde. La non-violence signifie ne pas rendre coup pour coup, mais cela n’a rien à voir avec la passivité. La non-violence est active et souvent provocatrice. Elle ne perd jamais de vue la dignité de toutes les personnes, même des ennemis. Si nous voulons vraiment que les choses changent et que nous employons des moyens violents, alors nous ne faisons que contribuer à perpétuer la violence dans l’histoire humaine. Seul un changement radical de nos attitudes individuelles et collectives et des moyens que nous nous donnons pour y parvenir en faveur d’une approche non violente de résolution des problèmes peuvent vraiment contribuer à transformer le monde, selon nos aspirations pour un monde meilleur.

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