À moins de trente jours…

Des artifices, ciel! mais qu’y a-t-il du ciel, de l’humilité des étoiles qui brillent d’une faible lueur tout juste nécessaire… à la poésie des soifs?

À moins de trente jours
de la nuit calme et sereine
de la nuit à l’étoile de plus
de la nuit éclatante de fragilité
de la nuit à l’enfant émerveillé
du retour de la lumière à venir
et de l’espérance bleu ciel

nuit cosmique
nuit libératrice
nuit poétique

rien de moins
que sérénité ou harmonie
que paix ou simplicité
que poésie ou espoir!

n’y a-t-il que
surabondance outrancière
guerres éhontées de l’avoir
avidités maladives de tout
furies de profits monstres?

Où est la nuit profonde?
Où est l’émouvante quiétude
des éclats de sens?
Où est l’enfant tout ébaubi?

Un haut-le-cœur
de langueur lancinante
de tristesse acide
de désespoir amer parfois
écorche l’âme
comme un trop-plein de dégoût
après l’excès.

À moins de trente jours
le décompte s’accentue
tue avec des accents de comptes
en souffrance…

Ce sont les nuits
des étoiles en prime
sur fond de drapeau bleu blanc rouge
avec tout achat de lumière
en rubans enrubannés
étoiles trop artificielles
accrochées à des décors carton pâte

des artifices, ciel!
mais qu’y a-t-il du ciel
de l’humilité des étoiles
qui brillent d’une faible lueur
tout juste nécessaire…
à la poésie des soifs?

mais qu’y a-t-il des terres
des terres désertes
des terres assoiffées
des terres à la main ouverte
à la grâce des autres…

Tout est de rouge ou de vert
mais qu’y a-t-il de bleu?
du bleu de la nuit
du bleu de la vie
du bleu de l’eau dansante
des méandres étonnés
des questions marécageuses
qui abreuvent les raisons d’être
et les chemins tendus d’oasis

Trente jours pour faire le vide
ou autant pour refaire le plein?

Assoiffé d’indigo que nous sommes,
comment offrir résistance
à ces fausses étoiles…

Ghislain Bédard
24 novembre 2006
Journée sans achat

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