Le café qui fait du bien

Il existe à Lévis un endroit chaleureux. Un endroit qui accueille sans condition en cherchant sans cesse à aimer son prochain. Un endroit où tout un chacun trouve sa place et grandit dans diverses dimensions de son être. Entretien avec Catherine Tremblay, directrice du Café La Mosaïque.

« C’est en 2002 qu’une idée germe dans la tête et le cœur de Dominique Tremblay et de Marie-Maude Pontbriand. Celle-ci étudiait en travail social tandis que Dominique œuvrait dans le domaine pastoral. Chacune de leur côté, elles imaginent un milieu de vie qui miserait sur une valeur très importante pour elles et même pour l’ensemble des gens : la pratique d’aimer son prochain. Inspirées par un stage effectué par Marie Maude au TamTam Café de Québec, elles décident de pousser plus loin leur première intuition », raconte Catherine Tremblay, directrice actuelle du Café La Mosaïque, à Lévis.

Dominique voyait le besoin de créer un lieu qui sortirait du milieu traditionnel, c’est-à-dire un milieu où on ne retrouverait pas seulement des « croyants habituels », mais aussi des personnes aux horizons spirituels divers. Avec Marie-Maude, elle souhaite un lieu décloisonné qui permettrait le dialogue entre personnes de divers milieux. Elles aspirent aussi toutes deux à créer un milieu où les personnes pourraient vivre ensemble une expérience large : un lieu pour donner la place au tout-venant en apprenant à aimer son prochain. C’est à Lévis qu’elles créeront le café La Mosaïque. À partir de l’idée de base d’offrir du café, elles désirent promouvoir un lieu convivial, où les gens se rencontreraient pour une pause dans une vie qui va trop vite : un milieu propice pour s’arrêter!

Catherine Tremblay explique : « Le Café La Mosaïque porte des valeurs choisies qui doivent permettre l’entraide, l’équité, l’écologie et l’esprit critique dans un contexte d’économie sociale. C’est pourquoi parmi les prémices du Café La Mosaïque, on trouve des produits locaux, équitables, achetés et vendus chez nous. Mais nous n’avions pas les moyens de nos ambitions! Pourtant, un groupe d’une dizaine de personnes ont permis une phase de démarrage. Sollicitant des individus, des communautés religieuses, leur réseau social, des églises, elles ont pu réunir 50 000 $. Le projet se concrétisait, mais il manquait un montant pour assurer un fonds de roulement de trois ans, ce qui nous garantirait la bonne marche du projet. Or voilà qu’en 2006, des personnes de l’Alberta se sont intéressées au Café La Mosaïque : elles ont aidé le projet financièrement et donné de leur temps et de leur talent pour l’aménagement du café. C’était comme un miracle! Le Café fonctionne depuis maintenant six ans et demi. »

Le Café La Mosaïque a bénéficié du soutien de la Fondation Béati pour ses activités.

Le bénévolat est une partie essentielle du Café. Un employé est sur les lieux à chaque période de travail, mais le gros du boulot se fait par des bénévoles venus de divers horizons : organismes communautaires, nouveaux retraités, bénéficiaires de l’aide sociale, jeunes qui veulent apprendre à travailler, jeunes qui sont dans une démarche de justice réparatrice, personnes ayant connu une dépression ou souffrant d’anxiété et plusieurs autres…  Chaque bénévole s’engage pour trois mois et travaille pendant des quarts de trois heures : couper les légumes, nettoyer les tables, tenir la caisse, s’assurer de la salubrité des lieux, etc. Dans ce milieu fortement aidant, ils apprennent à se faire confiance, à développer leurs capacités, à prendre des responsabilités. On peut vraiment dire que le Café La Mosaïque est un café restaurateur!

D’ailleurs, plusieurs activités animées par des bénévoles accompagnés par l’équipe de coordination du Café sont au menu :

  • En lien avec la paroisse Saint-Joseph-de-Lévis, des rituels cohérents sont créés pour apaiser, consoler, réconforter ou réjouir les personnes qui vivent des moments importants;

  • Des rencontres « caféine pour l’âme », où on discute, on réfléchit sa foi, sa spiritualité, ses valeurs;

  • Des rencontres avec les « patenteux » (c’est vraiment leur nom!), où on s’occupe d’écologie en faisant revivre des objets qu’on aurait jetés;

  • Des soirées de jeux de société;

  • Des soirées musicales;

  • Du tricot pour les Syriens (ils en sont à plus de 200 tuques);

  • Des sessions de massage au suivant, pour les personnes qui ne peuvent se permettre cette dépense, une fois par mois pour des massages gratuits de 15 minutes;

  • Des expositions;

  • La fête de Noël pour le quartier;

  • La fête des voisins;

  • Café et soupe en attente. Depuis 2015, 1588 cafés et 680 soupes ont été offerts à des personnes qui ignorent la provenance du don qui leur est fait;

  • Des organismes communautaires y tiennent leurs rencontres.

Catherine Tremblay conclut : « Depuis 5 ans, il y a une belle stabilité de la clientèle. Les gens sont contents d’y acheter et ils aident le milieu. On entend souvent : “Tant qu’à consommer, je le fais dans un milieu qui porte de belles valeurs!” »

Oui, il faudrait plus de lieux de ce genre parce que, comme le dit une chanson d’Étienne Drapeau : « À la brûlerie de mon quartier, on y sert plus que du café, à la brûlerie de mon quartier, il existe une vérité, le café et puis l’amour feront battre les cœurs pour toujours. » C’est ce que réalise jour après jour le Café La Mosaïque1!

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1. On peut voir des photos des activités du Café La Mosaïque sur leur site Web.

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