L’Esprit renouvelle toutes choses

Dieu n'a de cesse, à chaque époque, de susciter des explorateurs audacieux et d'ouvrir de nouveaux sentiers.

« Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle,
parce qu’elle était languissante et abattue,
comme des brebis qui n’ont point de berger. » (Matthieu 9, 36)

L’itinéraire du père Beaubien est celui d’un serviteur de l’Église qui a accompagné celle-ci depuis sa position de puissance et de domination jusqu’à son humble situation de chrétienté désertée où les quelques « chercheurs de Dieu » ont eu l’impression d’être des brebis sans berger dans leur quête de sens, dans toutes les significations de ce terme.

J’ai connu l’organisme Sentiers de foi « première version » à ses débuts alors qu’il occupait un petit local à Montréal au 2e étage du « 7 400 » du boulevard Saint-Laurent, chez les Clercs de Saint-Viateur. Rien de prestigieux, mais un lieu facilement accessible et accueillant. Y débarquaient des hommes et des femmes ne se reconnaissant plus dans les formes traditionnelles d’expression de la foi et se demandant comment actualiser leurs convictions évangéliques dans un monde en profonde mutation. Comme l’a écrit Matthieu en parlant de Jésus, il faut ému de compassion devant ses brebis sans berger. Sentiers de foi, c’était comme ces sentiers que Jésus parcourait pour aller au-devant des exclus, des malades, des irréguliers, des mécréants qui n’avaient pas leur place dans la société des gens « bien », ou simplement les Nicodème de ce monde qui cherchaient comment répondre à l’Esprit qui leur parlait au cœur. Sentiers de foi, c’était Jésus s’adressant à la Samaritaine dans ce dialogue improbable qui a révélé à cette femme son chemin de vie. Qu’on pense à Zachée, à Marie-Madeleine, au centurion romain… autant de personnes en déroute qui ont trouvé en Jésus quelqu’un qui est capable de les aimer inconditionnellement et de leur faire découvrir leurs capacités à se relever, à trouver leur mission et à reprendre la route.

À quoi pourrait ressembler Sentiers de foi « deuxième version », sinon à ce collectif des Apôtres prenant la suite du Ressuscité pour répandre dans le monde la bonne nouvelle de ces sentiers multiples, créateurs, prophétiques, novateurs, inspirants parcourus par des hommes et des femmes, par des organismes ou des groupes, ayant trouvé des manières originales ou simplement proches de la vie, de ses souffrances, de ses intuitions pour incarner le souffle évangélique de l’Esprit qui conduit dans des chemins imprévus ou non « orthodoxes » comme autant de voies pour actualiser le salut en Jésus Christ.

Aujourd’hui, Sentiers de foi « deuxième version » arrive à son terme : il entre dans son chemin pascal où sa mort va donner naissance à autre chose, du nouveau qui nous est encore inconnu, mais que l’Espérance nous invite à discerner dans ce qui se présentera dans les jours à venir. Il y a encore beaucoup de « brebis sans berger » dans notre monde, d’hommes et de femmes en recherche, en quête de sens et d’engagement, que Dieu n’abandonnera pas. Mais d’où surgira-t-il? « Hommes de Galilée, ne restez-pas là à regarder le ciel…! » (Actes 1, 1) Il a promis l’Esprit, le Souffle créateur par qui tout renaîtra en ce monde qui meurt. Allez sur les chemins à la rencontre de ce qui renaît.

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